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§ X. c. AUTRICHE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Partiellement irrecevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 7830/77
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1978-07-13;7830.77 ?

Analyses :

(Art. 6-1) DELAI RAISONNABLE, (Art. 6-1) DROITS ET OBLIGATIONS DE CARACTERE CIVIL


Parties :

Demandeurs : X.
Défendeurs : AUTRICHE

Texte :

APPLICATION/REQUÉTE N° 7830/77 X . v/AUSTRI A X . c/AUTRICH E DECISION of 13 July 1978 on the admissibility ot the application DÉCISION du 13 juillet 1978 sur la recevabilité de la requête
Article 6, paragraph 1, of the Convention : The proceedings by which the competent authority grants or refuses to grant registration of a patent does not constitute a determination of the civil rights and obligations of the inventor.
A rtlcle 6, paragraphe 1 de la Convention: La procédure par laquelle l'administration compétente accorde ou refuse un brevet d'invention ne comporte pas décision sur une contestation portant sur des droits et obligations de caractère civil de l'inventeur.
I francais : voir p. 202)
Summery of the relevant facts
The applicant applied to the Austrian Patent Office to have mgistered a special procedure for the production of ceramic articles . The Patent Office's Registration Department IAnmeldeabteitungl granted him the patent . Upon appeal by a company producing construction materials, the Appeals Department (Beschwerdeabteilung) of the Patent Office quashed the decision of the Registration Department and refused to grant the patent . The applicant's constitutional appeal was rejected . The applicant, who alleges that Anicle 6 of the Convention has been violated, claims that the Appeals Department has not the composition required of a tribunal nor does it offer the procedural guarantees of a tribunal .
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THE LAW (Extract ) The applicant complains that in proceedings before the Austrian Patent Office he was refused recognition of a patent in respect of his invention, an allegedly new production method for ceramic products . He submits, in particular, that this result of the proceedings is due to the fact that the proceedings did not provide the guarantees of a judicial procedure in accordance with Article 6 111 of the Convention . However, the Commission observes that Article 6 is only applicable in proceedings on the determination of civil rights and obligations, and of criminal charges . There is no question of a criminal charge in the present case, and the Commission must therefore examine whether the relevant proceedings concerned the applicant's civil rights and obligations . There is no doubt that patent rights, once granted, must be considered as civil rights within the meaning of Article 6 ( 1) . This has been confirmed in the Commission's case-law (cf . e .g . the decision on the admissibility of Application No 6958/75, Decisions and Reports 3, p . 155) . However, the Commission finds that the present case did not concern patent rights which had already been granted to the applicant . While the Registration Department of the Patent Office in its decision of 21 December 1973 accepted to register the applicant's patent, this was in no way the final decision in the case . In the event of objections being filed against the Registration Department's decision it is the Appeals Department of the Patent Office which under the provisions of the Austrian Patent Act (Section 70 and 108) has to take the final decision whether or not the person seeking a patent is entitled to its registration . Thus the Appeals Department's decision of 12 March 1975 was the final decision in the registration procedure, and not a decision to revoke a patent already in existence as the applicant seems to suggest . The question therefore arises whether the registration procedure is also a determination of civil rights within the meaning of Article 6 (1) of the Convention . This procedure does not concern in the first line the legal relationship between private persons, but the objective right of an inventor vis-9-vis the Administration to be granted a patent if he has fulfilled the necessary material and formal conditions . It is true that the law provides that other private persons may file objections against the registration of a patent in a given case, and that they thereby have the possibility to protect their own rights and economic interests . But it is also true that these objections are limited to arguments that the objective conditions of registration are not fulfilled . While the Patent Office's decision indirectly affects the legal relationship between the person seeking the patent and his opponents, the former not being able in case of refusal to assert his right in the invention vis-A-vis the latter, this is not so on a purely bilateral basis . Both the grant and th e
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refusal of a patent have effect erga omnes, and the legal position as between the person seeking the patent and the persons filing objections is only the outflow of the general situation whether or not the particular invention gives rise to the right to be granted a patent (Section 4 of the Patent Act) and consequently to claim the exclusive use thereof (Section 22), which is subject to the continued observance of certain administrative duties such as the regular payment of contributions to . the Patent Office . The Commission considers that under these circumstances the registration of patents must be considered as an essentially administrative matter which is outside the scope of Article 6 of . the Convention . It follows that the applicant's above complaint is incompatible ratione materiae with the provisions of the Convention, and must be rejected under Article 27 (2) . The same is true with regard to the applicant's complaint under Anicle 14 of the Convention that the above proceedings before the Patent Office were discriminatory .
Résumé des faits pertinents Le requérdnt a fait enregistrer auprés du Bureau autrichien des brevets un procédé de fabrication d'articles en cérdmique . Le service d'enregistre . ment (Anmeldeabteilung) dudit Bureau ltii a délivré un brevet . Sur opposition d'une entreprise produisant des matériaux de construction, le service des recours (Beschwerdeabteilung) du Bureau des brevets a annulé l'enregistrement de l'invention et refusé le brevet . Un recours constitutionnel du requérant a été rejeté . Le requérant, qui allégue une violation de l'article 6 de la Convention, soutient que le service des recours n'a pas la composition et n'offre pas les garanties d'un rribunaf.
(TRADUCTION)
EN DROIT (Extrait ) Le requérant se plaint qu'au cours d'une procédure devant le . Bureau autrichien des Brevets, la reconnaissance d'un brevet lui ait été refusée pou r
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son invention, un nouveau mode de fabrication d'articles en céramique . Il prétend notamment que ce résultat est dû à ce que la procédure n'offrait pas les garanties d'une procédure judiciaire conforme à l'article 6, paragraphe 1, de la Convention . Toutefois, la Commission fait remarquer que l'article 6 ne s'applique qu'aux procédures qui mènent à une décision sur une contestation sur des droits et obligations de caractére civil ou sur le bien-fondé d'une accusation pénale . Comme il ne s'agit nullement d'une accusation pénale en l'espèce, la Commission doit donc examiner si la procédure en question concernait les droits et obligations de caractère civil du requérant . ' Il ne fait aucun doute que les droits de propriété intellectuelle, une fois ie brevet accordé, doivent être considérés comme des droits civils au sens de l'article 6, paragraphe 1, ainsi que la Commission l'a confirmé dans sa jurisprudence (voir par exemple sa décision sur la recevabilité de la requête N° 6958/75, Décisions et Rapports 3, p . 155) . Cependant, la Commission constate que la présente affaire ne concerne pas des droits de propriété intellectuelle déj9 reconnus au requérant . S'il est vrai que, par décision du 21 décembre, le Service de l'Enregistrement du Bureau des Brevets a accepté d'enregistrer un brevet au nom du requérant, il ne s'agissait nullement en l'espéce d'une décision définitive . En effet, s'il y a opposition à la décision prise par le Service de l'Enregistrement, c'est le Service des recours du Bureau des Brevets qui, selon la Loi autrichienne sur les brevets (articles 70 et 108), décide en dernier ressort si le candidat est habilité à faire enregistrer le brevet . Aussi la décision prise le 12 mars 1975 par le Service des recours est-elle une décision qui mettait fin à la procédure d'enregistrement et non une décision portant annulation d'un brevet existant, comme semble le laisser entendre le requérant . La question est donc de savoir si la procédure d'enregistrement comporte elle-même une décision sur une contestation portant sur des droits civils, au sens de l'article 6, paragraphe 1, de la Convention . Cette procédure ne concerne pas, au premier chef, de rapports juridiques entre personnes privées mais le droit objectif d'un inventeur vis-é-vis de l'administration de se voir accorder un brevet s'il remplit les conditions nécessaires de fond et de forme . Certes la loi stipule-t-elle que d'autres particuliers peuvent s'opposer à l'enregistrement d'un brevet déterminé pour protéger leurs propres droits et intéréts économiques . Mais ces objections se bornent à faire valoir que les conditions objectives de l'enregistrement ne sont pas remplies . S'il est vrai que la décision du Bureau des Brevets affecte indirectement les rapports juridiques entre le candidat au brevet et les opposants, le premier ne pouvant pas, en cas de refus, faire valoir son droit sur l'invention vis-à-vis des derniers, la portée de la décision n'est pas simplement bilatérale . En effet, l'octroi comme le refus d'un brevet ont un effet erga orrrnes et la situation juridique qu i
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prend naissance entre le candidat au brevet et les opposants n'est qu'une conséquence de la situation générale issue du point de savoir si l'invention est brevetable (article 4 de la Loi sur les brevets) et donc susceptible d'usage exclusif larticle 22), sous réserve de l'observation réguliére de certaines obligations administratives, tel le paiement ponctuel des annuités dues au Bureau des Brevets . La Commission estime que, dans ces conditions, l'enregistrement des brevets doit être considéré comme une question essentiellement administrative qui échappe à l'article 6 de la Convention . Il s'ensuit que le grief du requérant est, à cet égard, incompatible ratione materiae avec les dispositions de la Convention et qu'il doit étre rejeté conformément à l'article 27, paragraphe 2, II en est de méme du grief du requérant tiré de l'article 14 de la Convention selon lequel les procédures susmentionnées devant le Bureau des Brevets auraient eu un caractère discriminatoire .
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Origine de la décision

Formation : Commission (plénière)
Date de la décision : 13/07/1978

Fonds documentaire ?: HUDOC

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