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§ X. c. AUTRICHE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Partiellement recevable ; partiellement irrecevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 9295/81
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1982-10-06;9295.81 ?

Parties :

Demandeurs : X.
Défendeurs : AUTRICHE

Texte :

APPLICA77ON/REQUETE N° 9295/8 1 X . v/AUS7'RI A X . c/AUTRICH E DECISION of 6 October 1982 on the admissibilitv of the application DECISION du 6 octobre 1982 sur la recevabilité de la requét e
A rticle 6, paragraph 2 of the Convention : The presumption of innocence is not only obligatory for the criminal courts but also for State-authorities . After acquittal, the civil cou rt can establish the civil responsibility of the person concerned in respect of the same set of facts. but it is bound by the finding of the crimina l court that there is no criminal guilt .
Artlcle 6, peragrephe 2, de la Convention : La présomption d'innocence s'impose non seulement au juge pénal mais aussi à d'autres autorités de !'Etat . Après un acquittement, le juge civil peut établir la responsabilité civile de t'intéressé à raison des mêmes faits mais il demeure lié par !a décision du juge pénal quant au caractère non pénal de ceux-ci.
(francais : voirp. 229 )
Summt.ry of the relevent facts
A 16 year-old boy had been invited during school holiday by a teacher to come to his flat . Under the influence of drugs, the boy jurnped from the balcony situated on the 12th floor and came to death . The teacher had shortlv before left the flat . ' / The teacher (who is the applicant in the present case) was acquitted by the crimina l court of charges of providing drugs to a minor and of nonassistance of a person in danger. The Coun held that it was established that the applicant had not provided the drugs to the schoolboy but that the latter had consumed some of it and had secretely put some of it in the applicant's coffee .
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!n addition . the applicant was dismissed from his job as a teacher and appealed againsr this decision to the /abour courts . Finally, the Supreme Court, deciding in last ressort, dismissed the applicant's claims .
THE LAW (Extract ) 1 . The applicant complains that by basing its decision on facts in respect of which he had been acquitted by the competent criminal cou rt . the Supreme Cou rt as Labour Court of last instance violated his right under Article 6, paragraph 2 of the Convention to be presumed innocent until proved guilty according to law . The Commission accepts that the presumption of innocence as guaranteed bv the above provision of the Convention is binding not onlv on the c ri minal cou rt before which the person concerned is charged with a criminal offence, but also on other State organs (cf . in pa rt icular the Commission's decision on the admissibili ty of Application No. 7986/77, Krause v . Switzerland, D .R . 13, p . 73) . No authority may treat a person as guilty of a criminal offence unless he has been convicted by the competent cou rt and in the case of an acquittal the authorities mav not continue to relv on the charges which have been raised before that cou rt but which have been proved to be unfounded . This rule also applies to court s which have to deal with non-criminal consequences of behaviour which has been subject to criminal proceedings . Thev must be bound by the criminal cou rt 's finding according tô which there is no criminal responsibility for the acts in question although this naturally does not prevent them to establish e .g . .a civil responsibility arising out of the same facts . The Commission notes that in the present case the factual findings underlying the Labour Court decision of last instance were based on the understanding that the grounds of dismissal stated in the school authority's letter must be construed as a reference to the applicant's behaviour as a whole . This behaviour included elements which the criminal court had considered to be irrelevant for its decision on the applicant's criminal responsibilitv and in relation to which it had therefore refrained from making any finding at all . It was in particular these matters, namely the earlier events leading up to the fatal drug consumption of a boy in the applicant's flat, which were further clarified bv the labour courts . It was found that the boy had already on the day preceding his suicide proposed to the applicant to take drugs together, and that the applicant had then made no effort to dissuade the boy from realising his intention . Since the above facts had not been relied on in the criminal judgment acquitting the applicant from the charges raised against him there can be no question of a violation of the presumption of innocence in this respect .
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It is true that the Supreme Court, bv referring also to contacts of the applicant with voung drug addicts, to his having made possible the taking of drugs bv the bov in his flat, and to his having failed to help the boy in an appropriate way, mentioned facts which had indeed been relevant for the criminal cou rt 's decision . However, it must be noted that in relation to these facts the Supreme Cou rt expressly referred to the result of the c ri minal proceedings . By coming to a different appreciation of the same facts for the purposes of its own procedure the Supreme Cou rt thus drew a clear distinction between the effects in criminal law and those in civil (labour) law : The relevant factual statements of the labour cou rt s accordingly cannot be seen as amounting to an even indirect finding of the existence of a criminal offence . lt follows that there is no appearance of a violation of the presumption of innocence in this respect either . The applicant's complaint of a violation of Article 6, paragraph 2 of the Convention is therefore manifestly ill-founded and must be rejected under Article 27, paragraph 2 of the Convention .
Résumé dee falte pertinents Un lycéen de 16 arrs s'était rendu durant les vacancesscolaires dans l'appartement d}ur enseignant, sur invitation de ce dernier. Sous l'influence de la drogue, le jerme homme sauta du balcon situé au 12° étage et trouva la rnort . L'enseignant avait quitté l'appartement peu avant . Accusé de fourniture de drogue à un mineur et de non-assistanceà une personne en darrger, l'enseignant (qui est le requérant) fut acquitté par !e jrige pérraL Ce juge considéra comme établi que le requérant n'avait pa .r fourni la drogue au lycéen niais que ce dernier en avait pris lui-même et en avait ajout . ésubrepticnàladféureqnt Par ailleurs, le requérant fut révoqué de ses fonctions d'enseignant ét recourut contre cette décision auprès des tribunaux du travail. Finalement, la Cour suprême. statuant comme juridiction du travail de dernière iratance, débouta le requérant .
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(TRADUCTION) v -EN DROIT (Extrait '. Le re.quérant )1 se plaint qu'en fondant sa décision sur des faits pou r lesquels il avait été, acquittépar la juridiction pénale compétente, la Cour supréme ; statuant en dernier ressort comme juridiction du travail, a méconnu le droit que lui reconnait l'article 6,-paragraphe 2, de la Convention, d'être présumé innocent jùsqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie .
- La Commission admet que la présomption d'innocence, telle que la garantif'cett é disposition de la Convention, lie non seulement la juridiction pénale devant laquelle l'intéressé est accusé d'une infraction, mais aussi d'autres organes de l'Etat (cf . notamment la décisiôn de la Commission sur la recevabilité de la Requête N° 7986/77 . Krause c/Suisse, D .R . 13, p . 73) . Aucùne autorité ne peut en effet considérer une personne coupable d'une infraction pénale aussi longtemps que ce tte personne n'a pas é té reconnue coupable par la juridiction pénale compétente et, en cas d'acquittement, les auto ri tés en question ne peuvent plus faire état .des accusations po rt ées devant le tribunal et qui se sont révélées sans fondement . Ce tt e règle vaut également pour les juridictions qui ont à connaitre des conséquences non pénales d'un compo rt ement qui a fait l'objet de poursuites pénales . Ces juridictions sont liées par la décision du juge pénal concluant à l'absence d'une responsabilité pénale pour les faits litigieux, mais cela ne les empêche pas, bien entendu, d'établir par exemple une responsabilité civile à raison des mêmes faits . La Commission relève qu'en l'espèce les constatations de fait sur lesquelles se fondait la décision prise en dernier ressort par le tribunal du travail découlaient de l'idée que les motifs de licenciement énoncés dans la lettre de l'administration scolaire devaient s'interpréter par référence à l'ensemble dù comportement du requérant . Or, ce comportement comprenait des éléments dont le juge pénal avait estimé inutile de tenir compte pour statuer sur la responsabilité pénale du requérant et sur lesquéls il ne s'est donc pas pronon, cé . C'est notamment le cas dés,événements qui ont mené à ce que le lycéen absorbe dans l'appartement du requérant la drogue qui lui a été fatale et sur lesqûels lesjuridictions du travail ont -donnédés éclaircissements . Il a été établi qué la veillede son suicide, le jeune garçon avait propo3é une partie de drogue au requérant qui n'avait rien fait pour le dissuader dé mettre son . projet à exécùtiori . Cependant, le jugement acquittant le requérantn'avant pas fait état de ces faits, il ne saurait être questiond'une violation de la présomptiond'innocence à cet égard . , .. . . . - '~ Certes, en se'référant également aux relations du requérant avecde jeunes toxictimanes ; aufait que le requérant a permis au garçon de se droguer dans son appartement et qu'il n'a pas prêté à l'intéressé l'assistance voulue, l a
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Cour suprême a évoqué des faits qui étaient de ceux dont le juge pénal avait à tenir compte dans son jugement . Cependant, il faut relever qu'en liaison avec ces faits, la Cour suprême a expressément mentionné le résultat de la procédure pénale . En appréciant différemment les mêmes faits pour les besoins de sa propre procédure, la Cour suprême a donc fait nettement la distinction entre les effets du comportement au regard du droit pénal d'une part, du droit civil (droit du travail) de l'autre . On ne saurait donc considérer que les constatations pertinentes faites par les juridictions du travail équivalent à conclure, même indirectement, à l'existence d'une infraction pénale . Il s'ensuit qu'il n'y a pas non plus à cet égard apparence de violation de la présomption d'innocence . Le grief tiré par le requérant de l'a rticle 6, paragraphe 2, de la Convention, est donc manifestement mal fondé et doit être rejeté conformément à l'article 27, paragraphe 2, de la Convention .
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Origine de la décision

Formation : Commission (plénière)
Date de la décision : 06/10/1982

Fonds documentaire ?: HUDOC

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