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§ F. X. MARTIN contre l'IRLANDE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Partiellement irrecevable ; partiellement recevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 8569/79
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1985-05-08;8569.79 ?

Analyses :

(Art. 6-1) EGALITE DES ARMES, (Art. 6-1) PROCES EQUITABLE, (Art. 6-2) PRESOMPTION D'INNOCENCE


Parties :

Demandeurs : F. X. MARTIN
Défendeurs : l'IRLANDE

Texte :

APPLICATiON/REQUÉTE N° 8569/7 9 F . X . MARTIN v/IRELAN D F . X . MARTIN c/IRLANDE DECISION of 8 May 1985 on the admissibility of the application DÉCISION du 8 mai 1985 sur la recevabilité de la requ@t e
Article 6, paragraph I of the Convention : Determination of costs and damages payable by an individual on the termination of proceedings instiluted by him to prevent the local authoriry from building on a site of archaelogical importance . As the proceedings concerned the enforcement of public rights (actio popularis), the civil rights of the individual were not at issue and Article 6 para . 1 is not applicable. Article 6, parngraphe 1, de la Convention : Fixation des dommages-intérêts à payer par un particulier suite à ('échec d'une procédure intentée par lui contre une commune pour lui faire interdire de construire sur un site archéologique . Vu le caractère d'actio popularis de cette procédure, les droits civils du particulier demandeur ne sont pas en jeu et l'anicle 6 par . 1 est inapplicable .
Summary of fhe relevant facLs
((ran(ais : voir p . 25 )
In 1979 the applicant (1) instituted proceedings against the Dublin Corporation in an attempt to prevent the Corporation from building on the site of Viking remains . 7he applicant undertook to pay any damages suffered by the Corporation as a result of any injunction or order nutde by the court, if he eventually lost . The proceedings were taken with the consent of the Attomey-General, whose consem is needed for proceedings involving a matter of public right . (I) The applicant was repmsented before the ConuNssion by Messm . MulcaAy Rabinson, Soliciton . Dublin .
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On 12 February 1987 the applicant was granted a interlocutory injunction preventing tlte building works . 77te Corporation, and the Commissioners for Public Works who had been joined as defendants, appealed . On appeal, the Supreme Courr discharged the interlocutory injunction, dismissed the applicant's substantive action and ordered the applicant to pay costs. 7he case was sent back to the High Court for an assessment of damages, which were eventuatly agreed at E80,000 and a consertt order was made .
THE LAW (Extract ) As regards Article 6 1 . The applicant complains that the Supreme Court denied him a fair hearing of his action for an injunction and declaration against Dublin Corporation . He claims that the Supreme Court, by deciding the substantive issues in the action on an appeal by Dublin Corporation against the granting of an interlocutory injunction, denied him the opportunity to adduce evidence concerning important disputed questions of fact . As a consequence of the Supreme Court's decision to dismiss the action the applicant is liable to pay damages to Dublin Corporation pursuant to an undertaking made to this effect before the High Court . He alleges a breach of Article 6 of the Convention, the relevant part of which reads as follows : "1 . In the delermination of his civil rights and obligations or of any criminal charge against him, everyone is entitled to a fair and public hearing within a reasonable time by an independent and impartial tribunal established by law . . . . 2 . The question arises whether the proceedings brought by the applicant with the permission of the Attomey-General involved the determination of "civil rights and obligations" within the meaning of this provision . He submits that the Supreme Court has determined his "civil rights and obligations" in that by dismissing his action he was made liable to compensate Dublin Corporation for the damage caused to them by the granting of the interlocutory injunction . 3 . The proceedings in question arose out of a public controversy conceming the decision of Dublin Corporation to excavate a site (Wood Quay) of archaeological importance . The applicant considered that the site was a national monument and that its excavation was not in accordance with the law . He accordingly sought an injunction to prevent further excavation and a declaration that consents granted by the relevant autho ri ties under the National Monuments Act 1930 which authorised the Corporation to excavate the site, were invalid . Since this was an action conceming the enforcement of public rights (actio popularis) the application needed the consent of the Attorney General . 4 . The Commission notes that whether or not a right is to be regarded as a civil ri ght within the meaning of this provision is to be determined by reference to th e 24
substantive content and effects of the right and not its legal classification under the domestic law of the State concerned ( Eur . Court . H .R ., Künig judgment of 28 June 1978 . Series A no . 27, para . 89) . In the present case the applicant was not claiming damages in respect of an act of the authorities alleged to have caused him direct personal harm or injury . He had brought, in effect, an actio popularis to prevent further excavation of the Wood Quay Site which he considered to be unlawful and against the public interest . It is clear that the applicant ran the risk of being required to pay costs and damages in the event of such an action failing . His liability in this respect was based on the undertaking to pay damages that he gave to the High Court on 10 January 1979 prior to the granting of the interlocutory injunction . In such circumstances, the Commission does not consider that the proceedings involved the determination of his civil rights and obligations, and thus Article 6 para . I was not applicable to them .
Résumé des fitits pertinents En /979, le requérant (1) a engagé une procédure contre la municipalité de Dublin pour ['empécher de construire sur un site archéologique viking . Il s'était engagé à verser des dommages-intérêts à(a municipalité pour le préjudice résultant de !'injonction ou ordonnance que rendrait le tribunal, au cas où son action échouerait . La procédure a ét é engagée avec ['autorisation du Procureur général, nécessaire pour totae procédure touchant à!a mise en ¢usve de droits d'intérêt général .
Le 12 février 1987, le requérant obtint une ordonnance interlocutoire portant interdiction des travaux de construction . La municipalité et le service des travau.r publics qui s'étaient associés comme défendeurs, interjetèrent appel. En appel, la Cour supréme rapporta !'injonction, débouta le requérant au fond et le condamna aua dépens . L'affaire fut renvoyé devant la High Coun pour appréciation des dommages-intérêts, qu'e!(e fua ftnalement à 80.000 £et rendit un jugement de donné acte.
( I ) Le requérani éuii représenté devanl la Commission par le Cabinet Mulcahy Robinson . Avoués à Dublin .
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(/RADUCT/ON) EN DROIT (Extrait) Sur l'article 6 1 . Le requérant se plaint de ce que la Cour suprême lui a refusé un procés équitable dans l'action qu'il a intentée en demande d'injonction et de déclaration contre la municipalité de Dublin . Il allègue qu'en tranchant les questions de fond dans l'appel interjeté par la municipalité de Dublin contre la délivrance d'une ordonnance interlocutoire, la Cour suprême lui a refusé la possibilité de foumir des éléments de preuve concernant d'importantes questions de fait controversées . Suite à la décision de la Cour supr@me de rejeter sa demande, le requérant doit verser des dommagesintér@ts à la municipalité de Dublin conformément à un engagement pris en ce sens devant la High Court . II allègue une violation de l'article 6 de la Convention, dont la partie pertinente est ainsi libellée : . 1 . Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle . . . . 2 . La question se pose de savoir si la procédure engagée par le requérant avec l'autorisation du Procureur général conduisait à la décision sur des . droits et obligations de caractère civil• au sens de cette disposition . Selon le requérant, la Cour suprBme a effectivement statué sur ses .droits et obligations de caractère civilpuisqu'en rejetant son action, elle l'a mis dans l'obligation d'indemniser la municipalité de Dublin pour le préjudice que lui avait causé la délivrance de l'ordonnance interlocutoire . 3 . La procédure en question faisait suite à une controverse publique concernant la décision de la municipalité de Dublin de procéder à des fouilles sur un site (Wood Quay) d'importance archéologique . Le requérant estimait que le site était un monument national et que les fouilles n'étaient pas conformes à la loi . II sollicita en conséquence une ordonnance visant à empêcher la poursuite des fouilles et une déclaration de nullité des autorisations que les autorités compétentes avaient accordées conformément à la loi de 1930 sur les monuments nationaux et qui permettaient à la municipalité de procéder à des fouilles sur le site . Comme il s'agissait d'une action concernant la mise en œuvre de droits d'intérêt général (actio popularis), la demande devait être assortie de l'autorisation du Procureur général . 4 . La Commission relève que c'est au regard non de la qualification juridique, mais du contenu matériel et des effets que lui contère le droit interne de l'Etat en cause, qu'un droit doit étre considéré ou non comme étant de caractère civil a u
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sens de cetre disposition (voir Cour Eur . D .H ., arrét Ktinig du 28 juin 1978, série A n" 27, par . 89) . En l'espèce, le requérant ne réclamait pas réparation en raison d'un acte de l'administration qui lui aurait causé un dommage ou un préjudice personnel et direct . 11 a intenté une actio popularis pour empêcher sur le site de Wood Quay la poursuite de fouilles qu'il estimait contraires à la loi et à l'int ér6t général . Il est clair qu'il courait le risque de se voir condamné aux dépens et à des dommagesintérêts au cas où son action é chouerait . Sa responsabilité à cet égard se fondait sur l'engagement de verser des dommages-intérêts, engagement pris devant la High Coun le 10 janvier 1979, avant la délivrance de l'ordonnance interlocutoire . Dans ces conditions, la Commission n'estime pas que la procédure ait impliqué une décision de ses droits et obligations de caractère civil, si bien que l'article 6 par . 1 ne lui est pas applicable .
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Origine de la décision

Formation : Commission (plénière)
Date de la décision : 08/05/1985

Fonds documentaire ?: HUDOC

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