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§ FREDERIKSEN c. DANEMARK

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Type d'affaire : Décision
Type de recours : Partiellement recevable ; partiellement irrecevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 12719/87
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1988-05-03;12719.87 ?

Parties :

Demandeurs : FREDERIKSEN
Défendeurs : DANEMARK

Texte :

A PPL ICAT IO N/R E Q UÉTE N" 127 19 / 87 S teen Bi lle F R ED E RIKS E N a nd others v/ DE NMARK Steen Bill e FRE D E RIKS E N e t a u tres c/ D A N EMAR K DECISION of 3 May 1 988 on the admissibi l ity of the ap plicati on DÉCISION du 3 mai 1988 s u r la recev ab i lité de la requête
Article 13 of [he Convention : Are there circumstances in which a remedy is only effective if it can lead (o restitutio in integrum T(Questinn unresolved) . But there are eirrumstunres in whieh the possibility of obtaining compensation is adequate, in particular for practica[ reasons .
Article 25 and Article Il of the Convention : Som e on e wh o iws been d is mis sed /Fom employrn e nt fnr be[nng ing m o union and has only obtained co mpens atinn may nn t e [uim to b e a vic tim of a vi olation of Article !l , provided the compensation is adequate . Article 25 of the Convention : Someone who has received adequate redress at th e domes t i c le ve l fur th e alleged violations ofthe Con vention carot o [ clüim ta b e a victim oJthose violations. Article 13 de la Convention : Existe -t-il des circonstances dans lesquelles un rec uurs n 'est effectif que s' il peut conduire au rétablissement de l 'étai antérieur ? (Qu es t ion no n résolue) . Mais il en existe où le re cours en indemnisation e st effe ctif, notamment pour des raisons pratiques . Article 25 et article 11 de la Convention : Ne peut se préte ndre victime d'une violation de l'article 1/ celui qui, licencié pour cause d'appartenance à un syndicat, n'a obtenu qu'une indem n isatio n , à condition qu'elle soit adéquale . Arficle 25 de la Convenfion : Celui qui , au plan national, a obtenu le re dressement des v io lations alléguées de la Conve nti o n ne saurait se prétendre vi c time desdite s violations .
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(TRADUCTION) EN F AI T Les fa il s de l a ca use, te l s que Ics requérants l es o nt exposés, peuvent se rés u mer co mme suii .
Les requérants, tou s cit o yen s danoi s, sont : M . Steen Bi lle F re d eriksen, né e n 1 949, do mi c i l ié à Frederikssun d M . Ben ny S tu na l , né e n 1 95 1 , dom i c i lié à Kokkedal ; M . N i l s Skovby, né e n 1945, d umic ili c à Co pe nh ag u e ; M '" Wi nnie K athr ine Ande rse n , née e n 1 946, domic ili ée à K arise : M "'° I nga B e nte Ki rkegaard Jensen, n ée en 19 43, d om iciliée à Frederikssund ; M . Pe r B randt, né en 1952, d om i ci l ié à V e k sA ; M . Ejgi l Larsen, n é e n 1 935, do m ic i lié à Frede r i k+ s u nd ; I l s sont rep rése n tés d evant l a Co m m i ss i o n par l e u r avoca t , Me H e nrik C hr istru p, du cab i ne t Gurri,en & assoc i és . Copenhague, Da n ema rk .
Faits propres à ! 'uffaire Jusqu'au 23 mai 1984, les requérants ctaieN employés comme conducteurs d'autobus, dans les conditions contractuelles habituelles, par la compagnie des t rennports métropolitains (Hoved s tadsomr$dcls Trxfikaelskab (HT)), placée sous l ' auwri té du conseil mé tro po li tain {Hovedstadsr -â' de0, établissement public . La HT dessert quatre districts de Copenhague et emploie quelque 4 .800 salariés, dont 3 .700 environ som de s chauffeurs . Le s chauffeurs du district I sont affiliés au syndicat TF (Trafikfunktinnae re rnes Fagforening), branche du syndicat DKA (Dansk Kommunalarbejder Forbund), alors que ceux des au tres districts sont affili és au syndicat SID (Spcc ialarbejder(orbundet i Danma rk) . Le 30 nctobre 1983 , l ' un des requérants . M . Per Brandt, (u t transféré du I - au 2ème district et dè s lors invité à quitter le TF pour s ' affilier au SID . Il se rendit compte cependant qu'il n' y était pas obligé et s ' y re fus a , po ur la raison principale que le SID accordait sa contribution financière au Parti social démocrate , dont il ne panagenit pas les opinions politiques . Cette s ituation su sci ta des contro verse s parmi les chauffeurs du dislricl en question et, en mars 1984 . un ce rtain nombre de grèves spontanées euren t lieu dans ce district ei dans d'autres pour amener M . Brandt à re venir sur sa décision et à adhérer au SID . Le 16 av ri l 1984 toutefois, d 'au t res chauffeurs d éc i dè rent de se retirer d u SID , ce qui décle n c ha de nouvelles grèves, dont le tribunal du trava i l ( A rb ej d s rette n ) exam i na l a l éga lité . Lors d'une ré un ion préparatoire te n ue su r le ch a m p, l e S ID et le DK A rccun nu re m que l es grèves étaient illégales et p romi rent d 'o r do nn er à l eu r s adhérents d e reprendre l e trava i l . Néa n mo i ns, le même jou r , la HT déci da de 246
dispenser j u sq u 'à nouvel ordre M . Brandt de so n obligation sy nd icale . E n conséqu e n ce, ro u s les ord res d e grève fu ren t rapportés et l es c h auffé u rs reprirent le t rava il . La se m ai ne suivante ce pen d an t, d'autres c h auffe ur s se retirèrent d u S ID et au cours du mois d e ma i 19 84 , la situa l io n ai ns i cr éée conduisit à b on no mbre de muni fest a t i o n s et de grèves visa nt à o bl i ger l es chauffeurs à reve ni r au SID o u l e co nse i l métropolitain à l icen c i er ce u x qui avaie nt quitt é le sy n d i ce Les m a ni fesia ii o n s et l es g rèves devi n re nt un e préoccupalion n atio n a l e et à l a té l évis i on, l e Premier m i n istre déclara q ue le licenciement d es chauffeurs pa r l e consei l métropolitain constituerait une vi ol a t ion manifes t e d e l a lég i s lat i on danoise . L es 22 et 23 m a i 1 98 4 , l es g rèves et arrêts de trava il a tteig ni ren t l e ur paroxysme, to uc h a nt notam me n t l es hôpitaux, l es pos t es, le ramassage des ordures, les jou rn a u x e t les chaînes natio nal es d e l a télévision . Fin a l ement, da n s l a n uit d u 23 m a i 1 984 , le consei l mé tr o p olitai n déci d a de cé d er et li ce ncia l ea r equé r a nt s d e leurs em pl oi s de chauffeurs à l a HT . Les av i s de licen ci emen ts en voyés disa i ent n ot a mm e nt : «Com p te t e nu du conflit s u rg i à votre s uje t e t q u i, de pui s le 3 av ril 1 98 4 , a induit de nu m h r euses g r èves da n s le se rv i ce des autobus de l a zo ne m évop ol it ai n e . HT es l obligée d e vou s lice n c i e r de volr e e mp loi de c hauffe ur à la Conr pag ni e des t ra ns po rts métropolitains, moyennant l e pr éavis habituel j u s qu 'à fi n se pt em brc 1 984 ufi n d 'ass ur e r l e se r v i ce normal d es au to bu s , Les reyuéranis reçurent leur licenciement le 24 mai 1984 . Dans les deux jourc qui suivircm, tous les ordres de grève furent rapporlés . Par lettre du 1° ju i n 1 984 d u mi nistère de l ' Inté r ic u r ( In denri g s mi ni sterieQ, le m in imre informa e n ces te rm es l e conseil m étr op ol it a in : • C'est a v ec un profond regrer q u e je pre nd ac te de ce que l e co n sei l métropolitain, é l abl i sseme nl publi c, a pri s une d éc i siu n man i fes temen t contraire à la législation e n vigu e u r, laquelle v i se n otamme n t à protéger le citoyen . L a décision du con seil m étropo lit ai n de licen c i er ayant été comm uni qu ée a u x i n té r essés, l a question d ' une ann ul ation a u titre d e l a lo i s u r l'administration m u n ici pal e (Den k ommunale S ty r e l seslov) ne sa urai t être pri se en co n si dér atioa Toutefois, de l'avis du Gouvernement, i l e x is t e un i n té rêt géné ral co nsi dz rablz à o bte nir une décision faisant a ut orité pou r préciser qu e le l ice n ciement des chauffeurs par l e conseil m é t rop o l itai n était ma nifest e m e nt une d écis i o n illégale qui, e n Pes pèce, ne pouvait passer po ur u nr mes ur e d' u rgence . J 'a i do nc de man dr à l ' A voeat Gener a l ( K a mme ra dvo k ate n ) d'e ngage r con tre l e conseil mévop o litnin u ne p rocédure permett a nt d'établir en j u stice y ue la décision de licenciement est null e et n on ave nu e et que l es h ui t c h aW feurs sont dès lors toujours e mpl oyEs . . 247
La p rocédure contre l e conse i l métropolitain fut en gagée par l'Avocat Genera l devant la cour d 'appel (Lan d srette n ) ma i s ce pen d ant ajournée ca r les r equé r a n ts avaient, eux aussi, engagé une procé dur e d evant l a cour d 'ap pel co nt re le conseil métropol itai n et cont re le SID . I ls souten a i en t que le u r licen cie men t éta it con trai re à la Const it uti on danoise e t à l a législa tion en v i g u e u r, n ot amme nt à l a loi N° 285 du 9ju i n 1 982 su r l a protection co nt re les l icen c i ements po u r motifs syn di ca u x (Love n r . 285 af 9 jun i 1 982 om besky u else mod afskedigel se pâ g rund af fo r eni ngsfo rhold) . Ils renvoyaient également à l'article 11 de la Convention européenne des D ro it s de l' H om me. L es requérant s faisaient valoir que, ne dés i rant pas @ire membres du S ID , i l s avaient soit refu sé d 'ad hérer so it dém ission né, p u is ad héré a u Syn dicat libre d u Da n emark ( D anm a rk s P ri e Fagf(iren in g) . C'est po u r cet te même r a i so n qu e l e conseil mctropoli tai n l es avait l icenci és . Les requérants soutenaient que les lice n cie me m s deva i en t être co n sidé r és comme nu l s avec cette conséq uence qu'eux-mêmes étaient to ujou r s sa l a r iés du consei l métr op ol i t a i n . A titre subsid iaire, les requérants soutenaient qu 'i l s ava ient droit à un e inde mn isation . Le mi n is tère de l' In téri eu r sollicita et ob( i m l'aut orisati o n de s'associer à l a procédure en qualité d'intervena nt accessoire (b ii nterven i ent) à l'appui d u moyen principal exposé par les requérants . La c our d ' appe l s tatua le 17 mar s 1985 en dccl a rant : « Après examen du dossier, la cour constate que la décision prise par le conseil mévopol it ain de l icencier les demandeurs le 23 niai 1 984 se fondait sur l'obligation que lui fait la loi d'assurer l e service des autobus dans la zon e méiropolitaine . Les demandeurs n'ont pas prouvé que le conseil métropolitain visait ou pou r suiva i t un but i ll égal e n l es licenciant p our motifs sy n d i ca u x, même si ces problèmes ont provoqué un arrct du service des autobus dans la zone et des perturbations sur d'autres lieux de travail dans la période précédant les licenc i ements . D 'aut re part, la cour destimc pas établi p a r le consei l mctro po l i tni n qu'à l'époque d es l i cenciements la s i tua tion é t ait de natur e à j u st i fie r u n l ice n cieme nt des dcm u ndcu r s . Il faut dès lors considérer q u e I 'empl oywr n'avait pas d e mut i l 's pour procéder aux licenciements qui o nt d ès lors un caractè re abusif . C'es( pourquoi, da n s les circonstances de la ca u se, la co ur n e sau rait est i me r , comme l e soutien n e n t au pr i nc ip a l les requéra nt s, qu'ils ont gardé leu r emplo i en dép it des l icenciem ents . Elle estime par contre que le conseil métropolitain est tenu de verser un dédommageme n t aux demandeu rs pour les pertes financ i ères et l es d iffi cul tés causées par lesdits lice n ciemems . » Le mo n ta nt des indemnités fixé e n é quité selo n l'âge, le d ern i er sa l a i re et l'a ncien neté dans la H'P , allait de 75 .000 à 1 75 .000 couro nn es . En reva n ch e, la cou r n'estima pas que le S ID deva it i ndemniser les requérants . 248
Les r equérants se pourvurent contre ce jugeme nt devant la Co u r suprême (H (bjes teret), où i ls réité r ère nl les gr i e fs e xp osés à la cou r d'n ppel . Là e n core, le ministère de l'Intérieur s'associa à l a procédure en qualité d'intervenant accessoire . Dans so n arrêt du 24 octobre 1986, l a Cour cuprëm e déc l a ra : ~ Les articles d e la Constitution invoqués pa r les appe l ant s ne pe rmette nt pas d e déclarer que les licenciements son t entachés d e n ullité e t leu r grief ne pe u t pas no n plu s se fon d er s ur d'autres r ègles de caractère constitutionnel . La di spos i (iun invoquée de l'a rt ic l e 11 de l a Convention e ur op ée nn e des D ro it s de l ' H om me ne peut p as ê tre appliquée d irect eme nt , mais l es li cenc i ements J o i vent ê i re examinés au r egard d e l a l oi N " 2 8 5 du 9 jui n 1 982 s ur la protection con t r e les lice ncie m e nt s p o ur m o i ifs sy n d i ca u x, ad optée pr ccisém ent p o u r que le D anema rk s'acquitte d es obligations que lui i mpose l 'ar ti cle 1 1 d e l a Com en l io n .
O r , les Ii cen c i e mznt s sont co nt raires à l'article 2 par . 1 de la loi en question et contraires aussi à la notion fo n dame nt ale d'égal ité deva nt le d roit pu bl ic ad min isvuti f app l i qu ée antér i eu re m e n t (cf . ar rëi de la Cour su pr ê me du 13 j u i n 19 78 (U 1 97&62 6 p . Selon l 'article 4, l'em pl oye u r doit ve r ser u n dédommagement au salarié lice nc i é cont r airement à la loi, m ni s celle-ci ne donne pas au sala rié l e droit de se faire re p re n dre p ar l 'e mpl oye u r . En conséquence, la loi ne saura i t se rvir de base au moyen des a pp elants selo n lequ el l es li cenciements d o i vent étre eon sidérés comme n u ls e t eux-mêmes comme é i ant toujours salariés d e la compag nie des transp ort s métropol it a i ns, en qualité d e conducteurs d"uu iobus . L es l iceneiemenl s ne p e uve nt p as non pl us être cons id é rés commc entac h és de null ité pour u n autre mo t if. Comme i l est p ar a i lleurs sans pertinence p our la ques( i un de l ' i ndemn i sa li on ou d u déd ommagement de rechercher s' i l y avait une si[uat io n d' u rgence (nddret), il n 'y a pas li e u po u r la Co ur d 'exami ner l a qucstion . Les sommes accordées a ux appelants par l a co ur d 'ap pel son t co n s idé rées comme ra i nn n nables . d L a Cou r suprême confirma le jugement re ndu par la cour d'ap pe l s'agissant d u SID . II .
Lég islatinn int e me pertineeve
L a loi N" 285 du 9 j uin 1 982 su r l a prot ection co nt re Ics lice n c ieme n ts p our mot i fs syndicaux cont ient les dispos i ( ions su i vantes . Aiiide 1 1 . U n empl oyeur n e p eut p as lice n cier un salarié en r a i son de son a ppa r te n ance à u n syndical, en général ou e n particulier . 249
Anir(e 2 1 . L ' employeur ne peut pa s lic e ncier un salarié parce qu ' il n'est pas membre d ' un syndicat, en général ou en paniculier . 2 . Le paragraphe 1 n'est pas applicable si le salarié , pendant son emploi, s ava it que l'employeur fais ait de l'appartenance à un syndicat en général ou en particulier une condition d ' emploi dan s Pentreprise . 3 . Le paragraphe I n' es t pas applicable non plus lorsque le salarié , déj à syndi qué , es t inform é une fois enga gé que l ' affiliation est une condition pour continuer à travailler dans l'entreprise . Article 3 1 . Les art i cles I et 2 de l a l oi ne s'ap pl i qu ent pas aux sala riés des employeurs dont l'entreprise vise ex p resscment u n objectif politique, i déologi q ue, religieux ou culturel e t q ue l'affiliation de l 'int é ressé d o it être considérée comme i m p or t ante pou r l 'entrepr i se .
Article 4 1 . L'em p loyeu r doit i n demnise r le sa l .ir ié licencié contrairemen [ aux dis positions de la présente l oi . 2 . L'indemnisation prév u e a u pa rag rap h e 1, q u i ne peu t excéder le sa l aire de 78 semainex, em fonction de l'ancienneté du salarié dans fentreprise et des autres circonstances de l'affaire .
GRIEFS Les requérants invoquent le s article s I L 13 et 14 de la Convention . Il s soutiennent avoir la qualité de victimes au regard de l ' article 25 da la Convention puisqu'ils n'ont été ni réim é grés dan s leur emploi ni suffisamment indemni s és . S ' ag itisanl de l ' ar[icle 11 . les requérani s s outiennent que cette disposition a été mé conoue puisqu'ils ont ét é Iice n c i és de leur emploi de conducteurs d'autobus auprè s de la Compagnie des transports mct ro politains en rai son simplement de ce qu ' ils ne s ouhaitaient pa s res ter syndiqués du SID mais s ' affilier au con traire au Syndicat libre du Danemark . Au re gard de l'article 13 , les requérants s e pl a ignent de n'avoir pas bénéficié d ' un recours effeclil devant une instance nalionnle , d'abord parce qu'ils n ' ont pa s pu se faire réintégrer dans leur emploi , ensuite parce que l ' indcmnisation qui leur a cté accordée étart insuffisante . Enfin , les requé rants invoquent l'article 14 . combiné avec l'article 11 de la Convemion . Selon eux , s' il s n'ont pas bénéficié des dr oits et libenés é noncés à l'article 11 de la Convention, c ' es l en raison de leurs opinions politiques . 250
E N DR O I T I . Les requ érant s se sont p l ai nt s d'avo i r été li cenc i és de l eu r empl oi de co nducte ur d'aut obus par l a co mp ag n ie d es tr a nsports métropol itains . Il s so utienne n t que le ur licenciement s'ex pl ique uni qu e m ent p a r le ur refu s de s'a ffi l ier à un cert a i n syn di cat, ce qui est contra i re à l ' a r li c l e 1 1 de la Con vent ion, ain s i libellé : « I . Toute personne a dro it à la lib erté de r é u n i o n pac ifi q u e et à la liberté d 'associa ti on , y compr i s l e d roit de fo nde r a vec d'a u tres des syndicats et de s'a(fi l i er à des syndicats p our la dé fe n se d e ses i nlc r èis . 2 . L'exe r cice de ces d ro its n e peut fa ir e l'objet d' au tres rest rictio ns que celles qui, prév u es par la loi, constituent d es mesu res n écessa i res, da n s une société démoc ratique, à la sécu rit é nationa l e, à la sû reté publique, à la défe n se de l'ordre et à la p r éven ti on du c ri me, à l a p rotectio n de la santé ou d e la m o r a l e, o u à la pro tection d es droits et l i bertés d 'nu tr ui . Le présent art i cle n 'i nterdit pas que d es restricti o ns I cg i ti mes- soie nt imposées à l'e xe r cice de ces d roits p ar les m em b res d es for ces ar mées, d e la pol i ce ou d e l' adm i ni st rati o n de l 'Eta l .= u ressort cep e nda nt cla ire m ent de l 'art i cle 2 5 p a r . I d e l a Convention que l a Co m mission ne pe u t être sa is i e d ' une re yu @ l e par une pe rsonne p h ysiq ue, un e organisation no n gouvernementale o u u n g ro u pe d e particuliers qu e s i cette pe r so nn e, orga n isat io n o u g roup e p eut se prétendr e v i cti me d' un e v iolat ion par l ' une des H a ut es Parties Contractantes, des droits reconnu s d a ns la Conve nti o n . O r , e n l'espèce, les requér a nt s soutiennent êt re v i ct i m es d ' un e vi ol a tion de l 'ar t ic l e 11 d e l a Convention pa rce q u 'il s n'ont pas été réintégrés dans leur e mpl oi ou, à titre s u bs id i a ire, qu ' i ls n'ont p as ob ten u u ne indemn i sati on suff i san [c . Lorsqu'elle examine la qu esti o n d u ca r actère d e v i c t i m e, la Commi ssio n rappe ll e q u 'e n ve rtu de l'article 2 6 de la Con ve nti on , e ll e ne peut exam in er u n e requête qu e lo rsyue tou s les recou rs i nte rn es ont été é pu isés, selon les prin c i pes d e droit i nte rn atio n a l géné r a l e m ent r econnu s . Selo n cette d i s positio n , l e requé ran t est o bl igé d'utiliser l es reco urs su scept i bles d 'être effi caces et adé qu a t s pou r porter remède à l a v i ola tion d o n t i l se plaint . Lo rsq u 'i l fa it u sage de ces recours et obtient p a r làmême, a u nivea u in terne, ré paratio n adéqu ate de l a violati on allég uée de l a Con ve n tio n , i l ne peu t plu s se prétend re v i ctim e d ' une violation . (cf . N o 9320/81, d éc . 15 .3 .84, D . R . 36 p . 2 4 ; N o 1 0259/ 83, d éc . 10 . 12 . 84, D . R . 40 p . 170 ; e t Cou r F.u r . D . H ., a r rêt Ec k le du I S j uill et 1 982, sér ie A n" 5 1 , p . 30, p ar . 66 ) . D a n s so n ex a men d e celle qu es tio n pré l imi nai re de recevab i l ité, l a Commission a d ès lors rec he rc hc si l 'i ndemni sation accordée aux r equé ra nt s par l es t ribun a u x avait c u po u r effe t de re m édie r au x vio l at ion s a ll ég u ces . Les req ué ran ts sou t ie nne nt que, seul e, une ré intég rati on dan s l eu r empl o i aurait effect iveme nt remédi é à la situation . A cet ég a rd, l a Co mm issi on o b se rve d 'abord que, se lon l 'article I d e la Con vent io n , les H au tes Parties Co nt rac tan tes so n t tenues de recon na î tre à quiconque relève de le ur jur id i c t io n les droits et l ibe rtés définis a u 25 1
Titre I . Ceci i ndu l l'obligation, prévue à l'article 13, de donn er a u part iculier un recoura effectif pour se plai nd re d'une vio l atio n des d ro it s et li bertés r eco n nu s p ar l a Co n ven tion . La poss ib i l ité d 'obten i r répar a t ion p eu t parfois constituer un reco u rs suffisa n t, n ota m me n t lorsq u e c'est sans doute le seul moyen possib l e ou pratiq ue de reA r esser l e t ort subi pa r l 'i n d i vid u . Aussi, l a Commiss io n n'est-elle pab app e l ée 3 exami ne r le poi ni de savoir s i , da n s certai n es co nditio n c, l a Con venti on peut exiger une réparat ion co ndu isant à u ne res lil ut io i n i ntegrum . Néanmoins, l ' indemnisati on ne saurait passer pour avoir rem édié à la vi o lation brsque l'Etat n'a pa s pris les mesu re s raisonnable s pour s'acquitter de ses obliga tion s au regard d e la Convention . L' obligati o n d ' accorder réparation ne se substitue pas et ne consti t ue pa s une solution de rechange au respect de s autres oblig a tions prescrites par la Convemion . C'est plutôt une obligation de réparer, dans le cadre du système interne , les violations qui se produisent en d épi t des mesu res prises p our assu rer le respect de s dis posi ( ion s normative~ d e la Convention . Dè s lors , s i le droft inlerne autori s e un comportement contraire à la Conventi on , l ' Etat ne peut pas échapper à s e s obligat ions en versant simplement une indemnis a tion . Le m écani s me d ' indemni s ation ne peut re prés enter un moyen adéquat de remédier à une situation que lorsyue l e s auto rit és ont pris das me s ure s raisonnables pour s e confo rme r aux obligations que l e ur impose la Cunvcnlion e n empëchan[ dan s t oute la mesure du possible la commi s sion de s acte s en ques tion ou le ur rép é tit i o n (muta ti s mut a ndi s N o 5577/ 72 - 5583 / 72 , dé c . 15 . 12 7 5 , D . R . 4 pp _ 4 . 166) . 6n l ' espèce, la Commi ssion rappelle que le conseil métr opolitain a pri b s a déci sio n e n ma[i ère d'emploi sur la ba sc de la législation du travail e n vigueur , à savoir la l o i N " 2 8 5 du 9 juin 19 82 s ur la pro tection contre le s licen c iem ents pour motifs syndkaux . Cette loi a été in[ ro duiie p a r le G o wernement défendeur après l ' arrèi re ndu par la Cour européenne des Droits de l ' Homme dans P affaire Young , Jame+ et Web ster (Cour Eur . D . H ., arrêt Young , Jame s et Webster du 13 a(i û[ 1981, sé rie A n" 44) afi n de permeu re au Danemark de se c onfo nncr aux obligations que lui impose l ' article 11 de la Convention . Elle interdil de li cen ci e r des salariés pour cau se d 'a ppar[enance à un syndi c at et vaut pour tous les salari és des en trepri ee s, lan t privées que publiyua s . Elle ne d onne pas au salarié le droit d ' èt re réinté g r é dans s on e mploi , mai s lui garantit une ind e mni sation e n c a s de licenciem ent contraire aux dispo siliun s de la loi . La Commis s i o n n'a trouv é aucun indice de l 'existence d ' une pra ( ique gé n érale selon laquelle les pouvoirs publics méconnaitr ii ient la Icgi s l a tion iN ro duiic au Dan e mark en licenciant des salariés et en l e ur pa y ant s implemcnt un e indemnisaiton, pratique qui, selon lu Conuni ss i o n , po sera il un problèm e g rave au reg ard de la Convention , Dans ces conditions , la Co mmitision con+tate qu' e n ini rodui s ant ce ie xt e d e loi le Dane m a rk a pris des mesu res rai so nnable s p o ur s'acquitter d es obligations que lui impuse l 'urU C lc 11 de la Con vention . Il s ' ensuit que les reyuéram s ne sauraient se prctendre vi clime+ d ' une violati o n de la Convention du simple fait qu'ils n'ont pas été ré int égrés dan s leur emplui de conducteurs d'autobus par la compagnie des transports métropolitains .
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Les req u éran t s o nt allégué ensu ite pouvo ir en core se pré t end re v ictimes pu isque l' indem ni sation qu ' il s ont effect i veme nt perçue n 'é tait pas suffi sant e . La Co m mission ne saurait excl u re qu e l' ins uffisance d e l 'i nd e mn isation accordée en d ro it i n terne pui sse p oser u n prob l è me su r l a questio n de la qualité d e v i cti me . A u ssi a-telle exami né si l e d roit d es re q ué r a nt s à ind e mnisation ava it été effec ti f da n s la p ratiq ue . A cet éga rd , la Commission ra ppel l e qu e l ' in de mni satio n s u sceptibl e d'être uccorJée e n vertu d e l'article 4 était éga le, a u max imum . à 78 sema in es de sa l a i re et devait être fixée mm pte te nu de l 'a ncienn e té d u salar i é e t d es a ut res circonstances dc l 'affaire . En l 'es pèce, les trib un a u x com péte n ts o nt te nu co mpte de l 'âge des req u éra nts, de leur sal a i re ai n si qu e de le ur an c i enn e té et o nt fixé l'indemnité en équité a u vu de ces élé m e n ts . La Com mi ssio n r appelle en o u t re que les i nd em n isati o ns alla i ent de 75 .000 à 1 75 .000 co u ro nn es dano i ses . L a Com mi ssio n co n state q ue les requérants ont reç u c h ac un une so mme substantielle e n ré paratio n e t d ès lor s ob t e nu ré p a rat i on su r le pl a n interne po u r la viola t ion a ll ég u ée de l 'ar ti c l c 11 de la Co n va ntio n . lis ne peuvent dès lors pl u s se pré tendre victimes d e ce tte v iolation et i l en décou l e q u e la requête es t , su r ce po in t, man i festeme nt m al fondée a u sens de l 'art i c l e 2 7 p a r . 2 d e l a Convention . 2 . Les r eq uéra nts se p l a ig ne nt égal ement , au regard de l 'article 13 de la Co n vent ion, d e n'avoir eu a uc un reco ur s effecti f à l eu r d is positio n . Il déco ul e cepe n dant de la conclusion p réc itée de la Co mmi ssion qu e ce grie f est, lui aussi, m anifesteme nt ma l fondé au se ns de l ' anic l e 27 par . 2 de l a Conve m io n . 3 . E n fi n , les requérants se so n t plaints, au rega rd de l' ani c l e 1 4 de l a Co n ve ntio n , de n'avo ir pas bénéficié des dro it s e t libertés con sa c rés p ar la Co n ve nt io n e n raiso n de l e u rs o pinions politiques . La Commi ssi o n a e x a m i né le g r ief tel q u e les requérants l'ont exposé . So n e xa me n n'ayant révé l é auc un e a pp a rence de violation de l 'art icl e 14 de l a Cumen[ ion , i l s'en su it que le g rief est, lui au ssi, manifestement m a l fondé a u sens de l 'article 27 par . 2 d e l a Convention . P a r ces mo ti fs, la Co mm issi on D FCLA R E LA R E Q UÊT E IRRF.CE VAB LE .
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Origine de la décision

Formation : Commission
Date de la décision : 03/05/1988

Fonds documentaire ?: HUDOC

HUDOC
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