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§ France, Conseil d'État, Section, 11 mars 1977, 03797

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Sens de l'arrêt : Annulation totale réduction
Type d'affaire : Administrative
Type de recours : Plein contentieux fiscal

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 03797
Numéro NOR : CETATEXT000007617056 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1977-03-11;03797 ?

Analyses :

RJ1 CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LE REVENU - DETERMINATION DU REVENU IMPOSABLE - CHARGES DEDUCTIBLES - Pensions alimentaires - [Art - 156 II 2 - ] - Pensions alimentaires versées en vertu d'une décision de justice en cas de séparation de corps ou de divorce.

19-04-01-02-03-04 Faute pour l'épouse divorcée du contribuable d'avoir obtenu du tribunal une révision du montant de la pension alimentaire qui lui était due, celui-ci ne pouvait déduire de ses revenus que la somme fixée par le jugement ayant prononcé le divorce, et non la somme supérieure qu'il lui versait effectivement [RJ1].

RJ2 CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LE REVENU - ENFANTS A CHARGE ET QUOTIENT FAMILIAL - Notion d'enfant à charge dans.

19-04-01-02-04 L'époux divorcé qui n'a pas la garde juridique de l'enfant mais en assume effectivement la charge, peut bénéficier d'un quotient familial majoré d'une demi-part [RJ2]. Mais cet avantage fiscal est exclusif de toute autre atténuation d'impôt pour charges de famille. Réintégration dans les revenus du contribuable de la pension qu'il continuait de verser à son ancienne épouse pour l'entretien de l'enfant.

Références :


1. Cf. Finances c/ Sieur X., 727 et 4517 du même jour. 2. AB.JUR., 33983 et 38652, 1957-03-09 p. 164


Texte :

REQUETE DU SIEUR X TENDANT A L'ANNULATION D'UN JUGEMENT DU 20 MAI 1976 DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS REJETANT SA DEMANDE EN REDUCTION DE L'I. R. P. P. AUQUEL IL A ETE ASSUJETTI AU TITRE DE L'ANNEE 1968 ; VU L'ORDONNANCE DU 31 JUILLET 1945 ET LE DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 ; LE CODE GENERAL DES IMPOTS ;
CONSIDERANT QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 194 DU CODE GENERAL DES IMPOTS, "LE NOMBRE DE PARTS A PRENDRE EN CONSIDERATION POUR LA DIVISION DU REVENU IMPOSABLE EST FIXE COMME SUIT MARIE AYANT DEUX ENFANTS A CHARGE : TROIS ET QU'EN CAS D'IMPOSITION SEPAREE DES EPOUX A... APPLICATION DE L'ARTICLE 6-3, CHAQUE EPOUX Z... CONSIDERE COMME UN CELIBATAIRE AYANT A SA CHARGE LES ENFANTS DONT IL A LA GARDE" ; QUE L'ARTICLE 196 DU CODE, DANS SA REDACTION EN VIGUEUR EN 1968, DISPOSE : "SONT CONSIDERES COMME ETANT A LA CHARGE DU X..., A LA CONDITION DE N'AVOIR PAS DE REVENUS DISTINCTS DE CEUX QUI SERVENT DE BASE A L'IMPOSITION DE CE DERNIER, 1 SES ENFANTS, S'ILS SONT AGES DE MOINS DE 21 ANS " ; CONS. QU'IL RESULTE DE LA COMBINAISON DE CES DISPOSITIONS QUE, POUR LE NOMBRE DE PARTS A PRENDRE EN CONSIDERATION POUR LE CALCUL DE L'IMPOT SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES, UN X... PEUT PRETENDRE A UNE DEMI-PART POUR TOUT ENFANT DONT IL A LA CHARGE ; QU'IL N'EST FAIT EXCEPTION A CE PRINCIPE QUE LORSQUE, CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 6-3 DU CODE, LA FEMME MARIEE "ETANT EN INSTANCE DE SEPARATION DE CORPS OU DE DIVORCE RESIDE SEPAREMENT DE SON MARI DANS LES CONDITIONS PREVUES A L'ARTICLE 236 DU CODE CIVIL" ; QUE, DANS CE CAS, OU IL EST FAIT EXCEPTION A L'IMPOSITION PAR FOYER PREVUE AU 1. DUDIT ARTICLE 6, C'EST PAR UNE DISPOSITION EXPRESSE DE LA LOI QUE "CHAQUE EPOUX Z... CONSIDERE COMME AYANT LA CHARGE DE L'ENFANT DONT IL A RECU LA GARDE" ; QU'UNE TELLE REGLE NE PEUT, SANS TEXTE, ETRE ETENDUE AU CAS D'ANCIENS EPOUX Y... LE DIVORCE A ETE PRONONCE ; QUE CETTE DISPOSITION NE S'APPLIQUE PAS, EN REVANCHE, AUX ANCIENS EPOUX B... FOIS QUE LE DIVORCE A ETE PRONONCE ; QU'IL Y A LIEU, DANS CE CAS, DE TENIR COMPTE DES ENFANTS DONT CHAQUE EPOUX A REELLEMENT LA CHARGE AU SENS DE L'ARTICLE 196 PRECITE DU CODE GENERAL DES IMPOTS ; CONS. QU'A LA DATE DU 1ER JANVIER 1968, LE FOYER DU SIEUR X ETAIT COMPOSE DE LUI-MEME, DE SON EPOUSE, DE LA FILLE MINEURE DE CELLE-CI, AINSI QUE DE SA PROPRE FILLE, LA JEUNE Y , NEE LE 16 MAI 1955 DE SON PREMIER MARIAGE, DISSOUS PAR UN JUGMENT DE DIVORCE INTERVENU EN 1960 ET QUI A CONFIE A LA MERE, LA DAME Z LA GARDE DE L'ENFANT ; QU'IL RESULTE EN EFFET DE L'INSTRUCTION QUE, BIEN QUE LEDIT JUGEMENT N'AIT PAS ETE MODIFIE, LA JEUNE Y VIVAIT, EN FAIT DES LA FIN DE L'ANNEE 1967 ET AVEC LE CONSENTEMENT DE SA MERE, AU NOUVEAU FOYER DE SON PERE, ET QU'AU COURS DE L'ANNEE 1968, LA CHARGE EXCLUSIVE DE SON ENTRETIEN A ETE SUPPORTEE PAR LE REQUERANT, AINSI QU'IL RESULTE NOTAMMENT D'UNE ATTESTATION DE LA DAME Z ; QUE, PAR SUITE, LE REQUERANT EST EN DROIT, BIEN QU'IL N'AIT PAS EU LA GARDE DE L'ENFANT, DE BENEFICIER AU TITRE DE CETTE DERNIERE, D'UN QUOTIENT FAMILIAL MAJORE D'UNE DEMI-PART ;
CONS. QUE LA CIRCONSTANCE QUE LA DAME Z A FAIT FIGURER SA FILLE SUR SA PROPRE DECLARATION DE REVENUS AU TITRE DE 1968 SOUS LA RUBRIQUE "ENFANTS A CHARGE" SI ELLE PERMET, LE CAS ECHEANT, A L'ADMINISTRATION D'USER DE SON DROIT DE REPRISE A L'EGARD DE LA DAME Z , N'EST PAS DE NATURE A FAIRE PERDRE AU SIEUR X LE BENEFICE DE LA DISPOSITION LEGISLATIVE CI-DESSUS RAPPELEE ; QUE, TOUTEFOIS, L'AVANTAGE FISCAL AINSI ACCORDE EST EXCLUSIF DE TOUTE AUTRE ATTENUATION D'IMPOT POUR CHARGES DE FAMILLE ; QUE, PAR SUITE, L'ADMINISTRATION EST EN DROIT DE REINTEGRER DANS LES REVENUS DU SIEUR X LA PENSION DE 400 F PAR MOIS VERSEE A LA DAME Z POUR L'ENTRETIEN DE LA JEUNE Y EN EXECUTION DU JUGEMENT PRONONCANT LE DIVORCE ET QUI A ETE RETENUE COMME CHARGE DEDUCTIBLE EN APPLICATION DE L'ARTICLE 156-11-2. DU CODE GENERAL DES IMPOTS POUR L'ETABLISSEMENT DE L'IMPOSITION CONTESTEE ; CONS. A LA VERITE, QUE LE REQUERANT SOUTIENT QUE S'IL A CONTINUE A VERSER A SON ANCIENNE EPOUSE CETTE PENSION DE 400 F PAR MOIS, CE N'ETAIT PAS POUR ASSUMER L'ENTRETIEN DE SA FILLE, MAIS POUR COMPLETER LA PENSION DE 800 F PAR MOIS AU PAIEMENT DE LAQUELLE IL AVAIT ETE CONDAMNE PAR LE JUGEMENT SUSMENTIONNE DE 1960, PENSION QUI N'AVAIT FAIT L'OBJET D'AUCUNE REVALORISATION DEPUIS CETTE DATE ; CONS. QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 156-11-2. SUSMENTIONNE SONT DEDUCTIBLES DES REVENUS LES "PENSIONS ALIMENTAIRES VERSEES EN VERTU D'UNE DECISION DE JUSTICE EN CAS DE SEPARATION DE CORPS OU DE DIVORCE" ; QUE CES DISPOSITIONS IMPLIQUENT QUE SEULES LES SOMMES VERSEES EN VERTU D'UNE DECISION DE JUSTICE PEUVENT ETRE PRISES EN COMPTE ; QUE, PAR SUITE, LE SIEUR X N'EST PAS FONDE, FAUTE POUR SON EPOUSE D'AVOIR OBTENU DU TRIBUNAL UNE REVISION DU MONTANT DE LA PENSION ALIMENTAIRE QUI LUI ETAIT DUE, A DEDUIRE A CE TITRE SUR SES REVENUS DE 1968 UNE SOMME SUPERIEURE A CELLE DE 800 F PAR MOIS FIXEE PAR LE JUGEMENT AYANT PRONONCE LE DIVORCE ; CONS. QU'IL RESULTE DE CE QUI PRECEDE, D'UNE PART, QUE LE REQUERANT EST FONDE A SOUTENIR QUE C'EST A TORT QUE, PAR LE JUGEMENT ATTAQUE, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF LUI A REFUSE LE BENEFICE D'UN QUOTIENT FAMILIAL DE TROIS PARTS, APPLICABLE A UN X... MARIE AYANT DEUX ENFANTS A CHARGE ET, D'AUTRE PART, QUE LE REVENU IMPOSABLE DU SIEUR X AU TITRE DE 1968 DOIT ETRE MAJORE DU MONTANT DE LA PENSION DE 4 800 F QUI N'EST PAS DEDUCTIBLE ; ANNULATION ; REVENU DECLARE DE 1968 MAJORE DE 4 800 F ET APPLICATION A CE REVENU DU QUOTIENT FAMILIAL DE TROIS PARTS ; DECHARGE DE LA DIFFERENCE ; REJET DU SURPLUS ; REMBOURSEMENT AU REQUERANT DE TOUS LES FRAIS DE TIMBRE .

Références :

CGI 156-II 2
CGI 194
CGI 196 [1968]
CGI 6-1 et 6-3


Publications :

Proposition de citation: CE, 11 mars 1977, n° 03797
Publié au recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Président : M. Heumann
Rapporteur ?: M. d'Harcourt
Rapporteur public ?: M. Lobry

Origine de la décision

Formation : Section
Date de la décision : 11/03/1977

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