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§ France, Conseil d'État, 8 / 7 ssr, 22 décembre 1982, 24751

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Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Administrative
Type de recours : Plein contentieux fiscal

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 24751
Numéro NOR : CETATEXT000007616884 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1982-12-22;24751 ?

Analyses :

CONTRIBUTIONS ET TAXES - GENERALITES - AMENDES - PENALITES - MAJORATION - Amende qu'encourt une personne qui s'abstient d'opérer la retenue à la source d'impôt sur le revenu [article 1671 et 1768 du C - G - I - ].

19-01-04 La société a passé contrat avec X., domicilié en Italie, organisateur de spectacles sportifs et notamment pugilistiques, en vue d'organiser un championnat du monde de boxe en 1974 entre A., résident argentin et B.. Elle s'est notamment engagée à verser [et a effectivement versé] à X., la veille du match, une somme de 250.000 dollars en contrepartie de l'engagement irrévocable de X. d'assurer la participation de A. au match, condition nécessaire et suffisante pour la participation de ce dernier au match, la société se chargeant par ailleurs de l'organisation matérielle de la rencontre, des frais de séjour de A. et de toutes les démarches administratives. Dans ces circonstances, X. doit être regardé comme ayant agi pour le compte de A. et ayant perçu pour son compte la somme convenue. Il en résulte que A. n'ayant pas d'installation permanente en France et résidant en Argentine, pays qui n'est pas lié à la France par une convention fiscale, était imposable en France et que la société devait en vertu des dispositions combinées des articles 4 bis 1, 182 et 1671 du C.G.I. opérer une retenue à la source de l'impôt sur le revenu dû par A. ; faute de l'avoir fait, elle a à bon droit été assujettie à l'amende prévue en pareil cas à l'article 1768 du C.G.I..


Texte :

VU LA REQUETE SOMMAIRE, ENREGISTREE AU SECRETARIAT DU CONTENTIEUX DU CONSEIL D'ETAT LE 13 JUIN 1980, PRESENTE POUR LA SOCIETE ANONYME "X...", DONT LE SIEGE SOCIAL EST A ... ... , REPRESENTEE PAR SON PRESIDENT-DIRECTEUR GENERAL EN EXERCICE, ET LE MEMOIRE COMPLEMENTAIRE ENREGISTRE LE 17 OCTOBRE 1980 ET TENDANT A CE QUE LE CONSEIL D'ETAT : 1° ANNULE LE JUGEMENT DU 17 AVRIL 1980 PAR LEQUEL LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS A REJETE SA DEMANDE TENDANT A LA DECHARGE DE L'AMENDE FISCALE A LAQUELLE ELLE A ETE ASSUJETTIE EN APPLICATION DE L'ARTICLE 1768 DU CODE GENERAL DES IMPOTS ; 2° LUI ACCORDE LA DECHARGE DE L'AMENDE CONTESTEE ; VU LE CODE GENERAL DES IMPOTS ; VU L'ORDONNANCE DU 31 JUILLET 1945 ET LE DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 ; VU LA LOI DU 30 DECEMBRE 1977 ;
SUR LE PRINCIPE DE L'ASSUJETTISSEMENT DE LA SOCIETE ANONYME "X..." A L'AMENDE LITIGIEUSE : CONSIDERANT, D'UNE PART, QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 4 BIS DU CODE GENERAL DES IMPOTS, DANS SA REDACTION APPLICABLE A L'ANNEE D'IMPOSITION 1974 : "SONT EGALEMENT PASSIBLES DE L'IMPOT SUR LE REVENU : 1° SOUS RESERVE DES DISPOSITIONS DES CONVENTIONS INTERNATIONALES, LES PERSONNES ET SOCIETES N'AYANT PAS D'INSTALLATION PROFESSIONNELLE EN FRANCE A RAISON DES SOMMES QUI LEUR SONT PAYEES EN REMUNERATION DE L'ACTIVITE DEPLOYEE EN FRANCE DANS L'EXERCICE D'UNE DES PROFESSIONS VISEES A L'ARTICLE 92, AINSI QUE DES BENEFICES, REVENUS, PRODUITS ET REDEVANCES ENUMERES AUDIT ARTICLE QU'ELLES REALISENT EN FRANCE" ; QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 182 DU MEME CODE : "L'IMPOT SUR LE REVENU DONT SONT PASSIBLES LES PERSONNES ET SOCIETES VISEES A L'ARTICLE 4 BIS 1° EST PERCU PAR VOIE DE RETENUE A LA SOURCE" ; QU'ENFIN, AUX TERMES DE L'ARTICLE 106 DU CODE, "LE MONTANT NET DES SOMMES IMPOSABLES EST DETERMINE EN APPLIQUANT AUX SOMMES PAYEES UNE DEDUCTION DE 30% S'IL S'AGIT DE LA REMUNERATION D'UNE ACTIVITE DEPLOYEE EN FRANCE" ;
CONSIDERANT, D'AUTRE PART, QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 1671 DU CODE GENERAL DES IMPOTS : "LES PARTICULIERS, SOCIETES ET ASSOCIATIONS QUI PAYENT EN REMUNERATION D'UNE ACTIVITE DEPLOYEE EN FRANCE DANS L'EXERCICE D'UNE PROFESSION VISEE A L'ARTICLE 92 A DES PERSONNES OU SOCIETES N'AYANT PAS D'INSTALLATION PROFESSIONNELLE EN FRANCE DES SOMMES SOUMISES A L'IMPOT SUR LE REVENU... SONT TENUS DE PERCEVOIR L'IMPOT POUR LE COMPTE DU TRESOR PAR VOIE DE RETENUE OPEREE SUR LE MONTANT NET DES SOMMES IMPOSABLES DANS LES CONDITIONS SPECIFIEES A L'ARTICLE 106, AU MOMENT OU LEUR PAIEMENT EST EFFECTUE..." ; QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 1768 DU MEME CODE : "TOUTE PERSONNE PHYSIQUE OU MORALE, TOUTE ASSOCIATION OU TOUT ORGANISME QUI S'EST ABSTENU D'OPERER LES RETENUES DE L'IMPOT SUR LE REVENU PREVUES A L'ARTICLE 1671... EST PASSIBLE D'UNE AMENDE EGALE AU MONTANT DES RETENUES NON EFFECTUEES" ;
CONSIDERANT QU'IL RESULTE DE L'INSTRUCTION QUE LA SOCIETE ANONYME "X..." A PASSE CONTRAT AVEC M. Z..., DOMICILIE EN ..., QU'ELLE DESIGNE COMME "UN PROFESSIONNEL DU MONDE ..." ET QUI SE DESIGNE LUI-MEME COMME "ORGANISATEUR DE SPECTACLES SPORTIFS", EN VUE D'ORGANISER LE CHAMPIONNAT DU MONDE DE ... ENTRE M. A... ET M. B... A PARIS EN 1974 ; QUE, DANS LE CADRE DE LEURS ACCORDS, LA SOCIETE REQUERANTE S'EST ENGAGEE A VERSER ET A EFFECTIVEMENT VERSE A M. Z... LA VEILLE DU MATCH UNE SOMME DE 250.000 DOLLARS DES ETATS-UNIS EN CONTREPARTIE DE L'ENGAGEMENT IRREVOCABLE DE M. ... D'ASSURER LA PARTICIPATION DE M. A... AU COMBAT. QU'AUX TERMES DE L'ECHANGE DE LETTRES ENTRE M. Z... ET LA SOCIETE "X...", LE VERSEMENT DE CETTE SOMME CONSTITUAIT "LA CONDITION SUFFISANTE ET NECESSAIRE DE LA PARTICIPATION DE M. A... AU MATCH", LA SOCIETE "X..." DEVANT DE SON COTE PRENDRE "TOUTES MESURES A L'EFFET D'ORGANISER AU MIEUX... LE BON DEROULEMENT DU MATCH", ASSUMER "TOUS LES FRAIS RELATIFS A LA MISE EN PLACE DES INSTALLATIONS NECESSAIRES" ET "TOUS LES FRAIS DE SEJOUR DE M. A... DES SON ARRIVEE A PARIS", TOUT EN FAISANT "SON AFFAIRE PERSONNELLE DE TOUTES LES AUTORISATIONS ADMINISTRATIVES ET DE POLICE AINSI QUE DES RAPPORTS AVEC LA ..." ; QUE LA SOCIETE "X..." A PORTE EN CHARGE DANS SES ECRITURES, SOUS L'INTITULE "BOURSE...", UNE SOMME DE 1.625.000 F ; QU'ELLE CONTESTE L'AMENDE QUI LUI A ETE INFLIGEE POUR N'AVOIR PAS OPERE LA RETENUE, PREVUE AUX ARTICLES 182 ET 1671 PRECITES DE L'IMPOT SUR LE REVENU DU PAR M. ... EN VERTU DE L'ARTICLE 4 BIS PRECITE ;
CONSIDERANT QUE, COMPTE TENU DE LA NATURE, TELLE QU'ELLE RESSORT DES INDICATIONS DONNEES CI-DESSUS, DES RELATIONS ENTRE LA SOCIETE "X..." ET M. Z..., CE DERNIER DOIT ETRE REGARDE COMME AYANT AGI COMME MANDATAIRE DE M. A... ET, PAR SUITE, COMME AYANT PERCU POUR LE COMPTE DE CELUI-CI LA SOMME CONVENUE ; QU'IL SUIT DE LA QUE, M. Z... N'AYANT PAS D'INSTALLATION PERMANENTE EN FRANCE ET RESIDANT EN ..., ETAT QUI N'ETAIT PAS LIE A LA FRANCE PAR UNE CONVENTION FISCALE, LA SOCIETE REQUERANTE ETAIT TENUE D'OPERER LA RETENUE A LA SOURCE DE L'IMPOT SUR LE REVENU DU PAR M. Z... SUR CETTE SOMME, L'ABATTEMENT DE 30 % PREVU A L'ARTICLE 106 ETANT REPUTE TENIR COMPTE NOTAMMENT DES FRAIS SUPPORTES PAR M. ... DANS SES RELATIONS AVEC M. ... ;
SUR LES BASES DE CALCUL DE L'AMENDE FISCALE : CONSIDERANT QUE LA SOMME DE 1.625.000 F SUR LA BASE DE LAQUELLE A ETE DETERMINE LE MONTANT DE L'AMENDE FISCALE QUI DOIT ETRE EGALE AU MONTANT DE LA RETENUE NON EFFECTUEE EST, COMME IL A ETE DIT PLUS HAUT, CELLE QUE LA SOCIETE REQUERANTE A FAIT FIGURER EN CHARGE DANS SA COMPTABILITE, SOUS L'INTITULE "BOURSE..." ; QUE LA SOCIETE REQUERANTE N'ETABLIT PAS QUE TEL N'EST PAS LE MONTANT DE LA SOMME QU'ELLE A EFFECTIVEMENT VERSEE, MEME SI CE MONTANT EXCEDE, AU COURS DU CHANGE DE L'EPOQUE, LA CONTRE-VALEUR DES 250.000 DOLLARS VERSES A M. Z... CONFORMEMENT AUX ECHANGES DE LETTRES DONT LA SOCIETE FAIT ETAT ;
CONSIDERANT QU'IL RESULTE DE CE QUI PRECEDE QUE LA SOCIETE REQUERANTE N'EST PAS FONDEE A SOUTENIR QUE C'EST A TORT QUE, PAR LE JUGEMENT ATTAQUE, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS A REJETE SA DEMANDE ;
DECIDE : ARTICLE 1ER - LA REQUETE DE LA SOCIETE ANONYME "X..." EST REJETEE. ARTICLE 2 - LA PRESENTE DECISION SERA NOTIFIEE A LA SOCIETE ANONYME "X..." ET AU MINISTRE DELEGUE AUPRES DU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES, CHARGE DU BUDGET.

Références :

CGI 106
CGI 1671
CGI 1768
CGI 182
CGI 4 bis 1 [1974]


Publications :

Proposition de citation: CE, 22 décembre 1982, n° 24751
Mentionné aux tables du recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Président : M. Lasry
Rapporteur ?: M. Haenel
Rapporteur public ?: M. Schricke

Origine de la décision

Formation : 8 / 7 ssr
Date de la décision : 22/12/1982

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