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§ France, Conseil d'État, 6 ss, 20 juin 1994, 136219

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 136219
Numéro NOR : CETATEXT000007867476 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1994-06-20;136219 ?

Analyses :

ARMEES - PERSONNELS DES ARMEES - QUESTIONS COMMUNES A L'ENSEMBLE DES PERSONNELS MILITAIRES - SOLDES ET AVANTAGES DIVERS.

FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - REMUNERATION - INDEMNITES ET AVANTAGES DIVERS - SUPPLEMENT FAMILIAL DE TRAITEMENT.


Texte :

Vu l'ordonnance du 6 avril 1992 par laquelle le président du tribunal administratif de Strasbourg transmet au Conseil d'Etat le dossier de la requête de Mme X... ;
Vu la requête enregistrée au secrétariat du greffe du tribunal administratif de Strasbourg, le 27 mars 1992, présentée par Mme X... demeurant SP 693911 à S.P. Armées (69391) ; Mme X... demande que le Conseil d'Etat annule la décision du 19 décembre 1991 par laquelle le directeur du commissariat de l'armée de terre du IIème corps d'armée et des forces françaises en Allemagne lui a refusé le versement rétroactif du supplément familial de traitement au titre de ses deux enfants ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu l'acte dit loi du 14 septembre 1941, notamment son article 97 ;
Vu la loi du 25 septembre 1942 ;
Vu l'ordonnance du gouvernement provisoire de la République française en date du 9 août 1944 ;
Vu l'ordonnance du 6 janvier 1945, notamment son article 11 ;
Vu la loi du 19 octobre 1946 portant statut général des fonctionnaires ;Vu la loi du 26 septembre 1948 portant loi de finances ;
Vu la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, et le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;
Vu la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991 ;
Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de M. Piveteau, Auditeur,
- les conclusions de M. Sanson, Commissaire du gouvernement ;

Considérant que, contrairement à ce que soutient la requérante, aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait à l'administration de consulter le conseil supérieur de la fonction publique avant de statuer sur sa demande ;
Considérant que l'article 97 de l'acte dit loi du 14 septembre 1941, modifié par l'article 1er de la loi du 25 septembre 1942, s'il a été abrogé par l'ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental, a été rétabli par l'ordonnance n° 45-14 du 6 janvier 1945 ; que les dispositions de cet article selon lesquelles "dans un ménage de fonctionnaires, les avantages prévus au présent article ne se cumulent pas ..." n'ont été abrogées, expressément ou implicitement, ni par l'article 31 de la loi du 19 octobre 1946 relative au statut général des fonctionnaires ni par l'article 22 de l'ordonnance du 4 octobre 1959 relative au statut général des fonctionnaires, ni par l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 actuellement en vigueur, ni par aucune autre disposition antérieure à la loi du 26 juillet 1991 susvisée ; que par suite cette règle, applicable aux agents titulaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, est restée en vigueur jusqu'à l'intervention de l'article 4 de ladite loi du 26 juillet 1991, même si les dispositions relatives aux modalités de calcul et au taux du supplément familial de traitement ont été modifiées depuis l'ordonnance susvisée du 6 janvier 1945, notamment par la loi du 26 septembre 1948 relative à diverses dispositions d'ordre financier ;

Considérant que les dispositions de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 relative aux droits et obligations des fonctionnaires aux termes desquelles "les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire", doivent être interprétées comme ouvrant à l'ensemble des fonctionnaires de l'administration de l'Etat, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics, y compris hospitaliers, un droit au supplément familial de traitement dans les conditions où cet élément de rémunération avait été précédemment défini pour les fonctionnaires de l'Etat, notamment en ce qui concerne le non-cumul dans un ménage de fonctionnaires ; qu'il en va de même pour les magistrats, pour les militaires à la solde mensuelle et pour les agents non titulaires de la fonction publique de l'Etat et de la fonction publique territoriale dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évaluée en fonction des variations deces traitements, auxquels le bénéfice du supplément familial de traitement a été accordé dans les mêmes conditions ; que, par suite, pour l'ensemble desdits agents, le bénéfice du supplément familial de traitement ne peut être accordé qu'une fois au titre d'un même enfant ;
Considérant que M. Y... a bénéficié, en application des dispositions susvisées, du supplément familial de traitement pour les deux enfants du ménage ; que Mme X..., qui est au nombre des agents publics énumérés ci-dessus, ne peut percevoir également ce supplément ; qu'elle n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'excès de pouvoir ; que sa requête doit par suite être rejetée ;
Article 1er : La requête de Mme X... est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme X... et au ministre d'Etat, ministre de la défense.

Références :

Loi 1941-09-14
Loi 1942-09-25 art. 1
Loi 46-1516 1946-10-19 art. 31
Loi 48-2294 1948-09-26
Loi 83-634 1983-07-13 art. 20
Loi 91-715 1991-07-26 art. 4
Ordonnance 1944-08-09
Ordonnance 45-14 1945-01-06
Ordonnance 59-244 1959-02-04 art. 22


Publications :

Proposition de citation: CE, 20 juin 1994, n° 136219
Inédit au recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: Piveteau
Rapporteur public ?: Sanson

Origine de la décision

Formation : 6 ss
Date de la décision : 20/06/1994

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