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§ France, Conseil d'État, 1 / 4 ssr, 16 juin 1995, 158087

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 158087
Numéro NOR : CETATEXT000007879366 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1995-06-16;158087 ?

Analyses :

TRAVAIL ET EMPLOI - CONDITIONS DE TRAVAIL - REPOS HEBDOMADAIRE.


Texte :

Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 25 avril 1994 et 25 août 1994 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE, dont le siège social est Centre Commercial Englos-Les-Géants BP 39 à Haubourdin cédex (59480), représentée par son président-directeur général en exercice ; la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement en date du 21 février 1993 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 3 juin 1993 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande tendant à obtenir l'autorisation de déroger au principe du repos hebdomadaire le dimanche pour le personnel de son établissement de Vélizy-Villacoublay ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code du travail, et notamment son article L. 221-6 ;
Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de Mlle Fombeur, Auditeur,
- les observations de Me Le Prado, avocat de la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE,
- les conclusions de Mme Maugüé, Commissaire du gouvernement ;

Considérant qu'aux termes de l'article L. 221-5 du code du travail : "Le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche" ; qu'aux termes de l'article L. 221-6 du même code : "Lorsqu'il est établi que le repos simultané, le dimanche, de tout le personnel d'un établissement serait préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de cet établissement, le repos peut être donné, soit toute l'année, soit à certaines époques de l'année seulement suivant l'une des modalités ci-après : a) un autre jour que le dimanche à tout le personnel de l'établissement ; b) du dimanche midi au lundi midi ; c) le dimanche après-midi avec un repos compensateur d'une journée par roulement et par quinzaine ; d) par roulement à tout ou partie du personnel. Les autorisations nécessaires ne peuvent être accordées que pour une durée limitée. Elles sont données après avis du conseil municipal, de la chambre de commerce et d'industrie et des syndicats d'employeurs et de travailleurs intéressés de la commune" ; qu'aux termes de l'article R. 221-1 du même code : "Lorsqu'un établissement veut bénéficier de l'une des exceptions à l'attribution le dimanche du repos hebdomadaire, qui sont prévues à l'article L. 221-6, il est tenu d'adresser une demande au préfet du département. Les avis prévus audit article doivent être donnés dans le délai d'un mois. Le préfet statue ensuite par un arrêté motivé qu'il notifie dans la huitaine" ;
Sur la légalité externe de la décision attaquée :
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, pour se prononcer sur la demande de dérogation à la règle du repos simultané le dimanche que lui avait adressée la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE pour le personnel de son magasin de Vélizy-Villacoublay, le préfet des Yvelines a consulté le conseil municipal de Vélizy-Villacoublay, la chambre de commerce et d'industrie interdépartementale Val d'Oise - Yvelines, le Groupement des unions interprofessionnelles des Yvelines, l'Union départementale des syndicats CFDT des Yvelines, le syndicat national des cadres des commerces divers, le syndicat des employés de commerce CFTC, le syndicat FO des employés de commerce de la région parisienne et le syndicat CGT des personnels de commerce, de la distribution et des services ; que le moyen tiré de l'absence de certaines consultations manque donc en fait ;
Considérant que le délai prévu par l'article R. 221-1 précité du code du travail n'est pas prescrit à peine de nullité ; que, dès lors, la méconnaissance dudit délai ne peut être utilement invoquée pour contester la légalité de l'arrêté attaqué ;
Considérant que, pour rejeter la demande de la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE, le préfet s'est fondé, notamment, sur la circonstance que "les activités exercées par l'établissement susvisé (vente de revêtements de sols) ne répondent pas, pour le public, à une nécessité quotidienne avérée" et que "l'examen de cette demande ne fait pas apparaître d'élémentssusceptibles de démontrer que le refus de dérogation mettrait en péril la survie même de l'entreprise, notamment en raison de l'impossibilité d'un report suffisant de clientèle sur d'autres jours de la semaine" ; qu'ainsi, le préfet a suffisamment motivé son arrêté ;
Sur la légalité interne de la décision attaquée :

Considérant, en premier lieu, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'eu égard, notamment, à la nature des produits mis en vente dans le magasin précité, le repos simultané le dimanche de tout le personnel du magasin exploité par la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE à Vélizy-Villacoublay puisse être regardé comme étant "préjudiciable au public" au sens des dispositions précitées de l'article L. 221-6 du code du travail ;
Considérant, en second lieu, que la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE ne peut se prévaloir, pour obtenir une dérogation à la règle du repos simultané le dimanche de tout le personnel, de l'importance de son chiffre d'affaires dominical, qui a été réalisé grâce à son maintien dans une situation irrégulière de nature à fausser la concurrence ; que si elle soutient, par ailleurs, que le repos simultané le dimanche de tout le personnel compromettrait le fonctionnement normal de l'établissement, elle n'apporte à l'appui de ses allégations aucune précision de nature à en démontrer le bien-fondé ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, qui est suffisamment motivé, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 juin 1993 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé l'autorisation de déroger à la règle du repos dominical ;
Article 1er : La requête de la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SOCIETE MONDIAL MOQUETTE et au ministre du travail, du dialogue social et de la participation.

Références :

Code du travail L221-5, L221-6, R221-1


Publications :

Proposition de citation: CE, 16 juin 1995, n° 158087
Inédit au recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: Mlle Fombeur
Rapporteur public ?: Mme Maugüé

Origine de la décision

Formation : 1 / 4 ssr
Date de la décision : 16/06/1995

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