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§ France, Conseil d'État, 3 / 5 ssr, 06 octobre 1995, 111385

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 111385
Numéro NOR : CETATEXT000007904991 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1995-10-06;111385 ?

Analyses :

FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS - STATUTS - DROITS - OBLIGATIONS ET GARANTIES - STATUT GENERAL DES FONCTIONNAIRES DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES LOCALES - DISPOSITIONS STATUTAIRES RELATIVES A LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE (LOI DU 26 JANVIER 1984).


Texte :

Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 8 novembre 1989 et 8 mars 1990 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour la VILLE D'AMIENS, représentée par son maire en exercice et pour M. Elian X..., domicilié à l'Hôtel de ville d'Amiens ; la VILLE D'AMIENS et M. X... demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement en date du 31 juillet 1989 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a annulé, d'une part, l'arrêté du maire d'Amiens en date du 7 avril 1988 intégrant M. X... en qualité d'administrateur territorial hors classe, 2ème échelon, à compter du 1er janvier 1988 en tant qu'il conserve à l'intéressé une ancienneté prenant effet au 1er janvier 1986 et, d'autre part, l'arrêté du maire d'Amiens en date du 29 juin 1988 portant avancement du 2ème au 3ème échelon dans le cadre d'emplois des administrateurs territoriaux ;
2°) de rejeter le déféré du préfet de la Somme devant le tribunal administratif d'Amiens ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code des communes ;
Vu la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et le décret n° 87-1097 du 30 décembre 1987 ;
Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de M. Glaser, Maître des Requêtes,
- les observations de la SCP Célice, Blancpain, avocat de M. Elian X... et de la VILLE D'AMIENS,
- les conclusions de M. Touvet, Commissaire du gouvernement ;

Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du maire d'Amiens en date du 7 avril 1988 intégrant M. X... en qualité d'administrateur territorial hors classe, 2ème échelon, à compter du 1er janvier 1988 et lui conservant l'ancienneté de 2 ans acquise dans le précédent emploi :
En ce qui concerne les moyens tirés de l'illégalité de l'article 33 du décret n° 97-1097 du 30 décembre 1987 :
Considérant qu'aux termes de l'article 33 du décret susvisé du 30 décembre 1987 : "L'intégration des fonctionnaires pour la constitution initiale du cadre d'emplois des administrateurs territoriaux intervient, nonobstant les dispositions de l'article 2 cidessus, dans les conditions prévues à l'article 19 et au deuxième alinéa de l'article 21 du présent décret - Ces fonctionnaires conservent, dans la limite de l'ancienneté maximale exigée pour une promotion à l'échelon supérieur, l'ancienneté d'échelon acquise dans le précédent grade ou emploi, sous réserve que la durée totale des services effectifs qu'ils ont accomplis dans ces emplois soit au moins égale à celle qui est nécessaire pour parvenir à l'échelon dans lequel ils sont classés" ;
Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 111 de la loi du 26 janvier 1984 : "Les agents titulaires d'un emploi d'une collectivité ou d'un établissement relevant de la présente loi sont intégrés dans la fonction publique territoriale et classés dans les cadres d'emplois ou emplois en prenant en compte la durée totale des services qu'ils ont accomplis" ; que ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de créer au profit des agents intégrés dans un cadre d'emplois un droit au maintien de l'ancienneté d'échelon acquise dans leur corps d'origine ; qu'ainsi le moyen tiré de ce que l'article 33 du décret du 30 décembre 1987 violerait l'article 111 de la loi du 26 janvier 1984 n'est pas susceptible d'être accueilli ;
Considérant, d'autre part, que la circonstance que l'article 33 susmentionné causerait un préjudice de carrière aux agents intégrés dans le nouveau cadre d'emplois, lesquels ne peuvent se prévaloir d'aucun droit acquis au maintien de l'ancienneté d'échelon qui était le leur dans leur ancien emploi, n'est pas de nature à entacher ledit article d'illégalité ;

Considérant enfin que les auteurs du décret du 30 décembre 1987 ont pu, sans méconnaître le principe d'égalité réserver le bénéfice du maintien de leur ancienneté d'échelon aux agents qui, ayant une ancienneté de service qui leur permettrait d'atteindre l'échelon dans lequel ils sont classés, se trouvent dans une situation différente de ceux qui n'ont pas une telle ancienneté de service ;
En ce qui concerne l'autre moyen de la requête :
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le tribunal, en se prononçant sur la durée des services accomplis par M. X... dans ses précédents emplois et en estimant que celle-ci était au moins égale à celle qui, en vertu du titre IV du décret n° 87-1097 du 30 septembre 1987, est nécessaire pour parvenir au 5ème échelon du grade d'administrateur hors classe, n'a pas fait une inexacte application de l'article 33 précité ; qu'ainsi M. X... et la VILLE D'AMIENS ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a annulé l'arrêté du maire d'Amiens en date du 7 avril 1988 ;
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du maire d'Amiens en date du 29 juin 1988 portant avancement du 2ème au 3ème échelon dans le grade d'administrateur territorial hors classe :
Considérant que l'arrêté du maire d'Amiens du 7 avril 1988 intégrant M. X... en qualité d'administrateur territorial hors classe, 2ème échelon, à compter du 1er janvier 1988 et lui conservant l'ancienneté de 2 ans acquise dans le précédent emploi étant entaché d'illégalité, ainsi qu'il vient d'être dit, l'arrêté du 29 juin 1988, qui, compte tenu de l'ancienneté d'échelon de 2 ans maintenue à M. X..., dans le 2ème échelon du grade d'administrateur hors classe, l'a promu au 3ème échelon de ce grade doit être annulé par voie de conséquence ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la VILLE D'AMIENS et M. X... ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a annulé l'arrêté du maire d'Amiens en date du 7 avril 1988 prononçant l'intégration de M. X... et le classant au 5ème échelon du grade d'administrateur territorial hors classe en tant qu'il prévoit que l'intéressé conserve l'ancienneté de 2 ans acquise dans son précédent emploi et l'arrêté du maire d'Amiens en date du 29 juin 1988 portant avancement du 2ème au 3ème échelon dans le grade d'administrateur territorial hors classe ;
Article 1er : La requête de la VILLE D'AMIENS et de M. X... est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la VILLE D'AMIENS, à M. Elian X... et au ministre de l'intérieur.

Références :

Décret 87-1097 1987-12-30 art. 33
Loi 84-53 1984-01-26 art. 111


Publications :

Proposition de citation: CE, 06 octobre 1995, n° 111385
Inédit au recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: M. Glaser
Rapporteur public ?: M. Touvet

Origine de la décision

Formation : 3 / 5 ssr
Date de la décision : 06/10/1995

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