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§ France, Conseil d'État, 9 ss, 14 juin 2000, 180101

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 180101
Numéro NOR : CETATEXT000008059903 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-06-14;180101 ?

Analyses :

PENSIONS - PENSIONS CIVILES ET MILITAIRES DE RETRAITE - PENSIONS MILITAIRES.


Texte :

Vu la requête, enregistrée le 23 mai 1996 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Jean-François X..., demeurant ... ; M. X... demande que le Conseil d'Etat annule la décision du 26 mars 1996 par laquelle le ministre du budget a suspendu le paiement des arrérages de sa pension militaire de retraite à compter du 1er janvier 1996 ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
Vu la loi n° 72-662 du 13 juillet 1972 portant statut général des militaires ;
Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de M. Hourdin, Maître des Requêtes,
- les conclusions de M. Courtial, Commissaire du gouvernement ;

Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 86 du code des pensions civiles et militaires de retraite : "Les titulaires de pension qui ont été rayés des cadres, soit sur leur demande, soit d'office par mesure de discipline, avant d'avoir atteint la limite d'âge qui leur étaitapplicable dans leur ancien emploi, et qui perçoivent une rémunération d'activité servie par l'une des collectivités énumérées à l'article L. 84, ne peuvent bénéficier de leur pension avant d'avoir atteint l'âge correspondant à cette limite d'âge, sauf à percevoir, si la pension est supérieure à la nouvelle rémunération d'activité, une somme égale à l'excédent de la pension sur le montant de cette rémunération" ; qu'en application de l'article 86 de la loi du 13 juillet 1972 portant statut général des militaires "l'officier de réserve qui a accompli au moins quinze années de services civils et militaires effectifs tels qu'ils sont définis par le code des pensions civiles et militaires de retraite peut opter soit pour le pécule et la prime prévus à l'article 84, soit pour l'attribution d'une pension de retraite. S'il a effectué au moins quinze ans de services, dont six au moins dans le personnel navigant militaire, il peut opter pour un congé de personnel navigant d'une durée d'un an, à l'issue duquel il est mis en retraite avec le bénéfice d'une pension à jouissance immédiate" ;
Considérant que M. X..., capitaine de réserve en situation d'activité du corps des officiers de l'air, a été placé, sur sa demande, en congé du personnel navigant pour une durée d'un an par décision ministérielle du 2 août 1994 avec effet au 7 novembre 1994 ; qu'il a présenté, le 21 novembre 1994, une demande de réadmission en situation d'activité, qui n'a pas été agréée ; qu'à l'issue de son congé de personnel navigant, l'intéressé a été rayé des contrôles de l'armée active, et admis, à compter du 1er décembre 1995, à faire valoir ses droits à la retraite avec pension à jouissance immédiate rémunérant dix-neuf ans, trois mois et douze jours de services effectifs ; qu'il est employé depuis lors en qualité de pilote contractuel par la direction de la sécurité civile du ministère de l'intérieur ; que, par la décision attaquée du 26 mars 1996, le ministre délégué au budget a suspendu en totalité le paiement des arrérages de la pension de M. X... jusqu'à ce qu'il ait atteint la limite d'âge de son grade, en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 86 du code des pensions civiles et militaires de retraite ;

Considérant qu'il résulte des termes de l'article 86 de la loi du 13 juillet 1972 que l'option faite par un officier de réserve servant en situation d'activité depuis au moins quinze ans, en faveur d'un congé de personnel navigant d'une durée d'un an implique nécessairement la mise à la retraite de l'intéressé à l'issue de cette période avant même qu'il ait atteint la limite d'âge de son grade ; qu'ainsi, le ministre était tenu, en raison de l'obtention par M. X... d'un congé de personnel navigant, de le mettre à la retraite à l'issue de ce congé ; qu'en pareil cas, pour l'application de l'article L. 86 du code des pensions civiles et militaires de retraite, l'intéressé doit être regardé comme ayant été mis à la retraite à sa demande, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'il a, postérieurement à l'obtention de son congé de personnel navigant, présenté une demande de réadmission au service actif, laquelle ne pouvait qu'être rejetée ;
Considérant qu'ainsi M. X... ne se trouve pas dans la situation des officiers de réserve en situation d'activité dont le contrat n'est pas renouvelé ; que, par suite, le requérant n'entre en tout état de cause pas dans les prévisions de l'instruction ministérielle du 9 février 1990 qui prévoit que les officiers de réserve en situation d'activité dont le contrat n'est pas renouvelé peuvent cumuler sans limitation leur pension de retraite et une nouvelle rémunération d'activité ;
Considérant que, dès lors qu'il lui a été fait une exacte application des dispositions législatives régissant sa situation personnelle, le requérant ne peut utilement se prévaloir du sort plus favorable qui serait réservé à certains de ses collègues ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 26 mars 1996 par laquelle le ministre délégué au budget a suspendu, à compter du 1er janvier 1996, le paiement des arrérages de sa pension ;
Article 1er : La requête de M. X... est rejetée.
Article 2 :La présente décision sera notifiée à M. Jean-François X... et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Références :

Code des pensions civiles et militaires de retraite L86
Instruction 1990-02-09
Loi 72-662 1972-07-13 art. 86


Publications :

Proposition de citation: CE, 14 juin 2000, n° 180101
Inédit au recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: M. Hourdin
Rapporteur public ?: M. Courtial

Origine de la décision

Formation : 9 ss
Date de la décision : 14/06/2000

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