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§ France, Conseil d'État, 28 juillet 2000, 212982

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 212982
Numéro NOR : CETATEXT000008064496 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-07-28;212982 ?

Analyses :

JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES ET JUDICIAIRES - SERVICE PUBLIC DE LA JUSTICE.


Texte :

Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 30 septembre et 29 octobre 1999 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour la COMMUNE D'AUXONNE, représentée par son maire en exercice, domicilié à l'Hôtel de Ville, Auxonne (21230) ; la
COMMUNE D'AUXONNE demande au Conseil d'Etat d'annuler pour excès de pouvoir le décret n° 99-659 du 30 juillet 1999 portant suppression de tribunaux de commerce en tant qu'il supprime le tribunal de commerce d'Auxonne à compter du 1er janvier 2000 ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la Constitution, notamment ses articles 22, 34 et 37 ;
Vu le code de l'organisation judiciaire ;
Vu la loi n° 85-98 du 25 janvier 1985 modifiée ;
Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Vu le décret n° 63-766 du 30 juillet 1963 modifié par le décret n° 88-905 du 2 septembre 1988 et par le décret n° 97-1177 du 24 décembre 1997 ;
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de Mme Vestur, Maître des Requêtes,
- les observations de Me Ricard, avocat de la COMMUNE D'AUXONNE,
- les conclusions de M. Lamy, Commissaire du gouvernement ;

Considérant qu'il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient la requête, la Section de l'Intérieur du Conseil d'Etat a disposé des éléments d'informations nécessaires lorsqu'elle a examiné le projet de décret qui lui était soumis ;
Considérant qu'aux termes de l'article 22 de la Constitution : "Les actes du Premier ministre sont contresignés, le cas échéant, par les ministres chargés de leur exécution" ; que, s'agissant d'un acte réglementaire, les ministres chargés de son exécution sont ceux qui ont compétence pour signer ou contresigner les mesures réglementaires ou individuelles que comporte nécessairement l'exécution de cet acte ; que le décret attaqué n'appelle aucune mesure réglementaire ou individuelle d'exécution de la part du ministre chargé de l'aménagement du territoire ; que, par suite, il a pu légalement être pris sans que ce ministre y appose son contreseing ;
Considérant que le décret attaqué s'inscrit dans le cadre d'une réforme de la justice commerciale qui a pour objectifs d'associer aux compétences des juges consulaires celles des magistrats de l'ordre judiciaire, d'accroître la présence des Parquets dans le fonctionnement de cette justice et de rationaliser la carte des tribunaux de commerce, au nombre de 227 en 1999 ; que ce décret décide la suppression de 34 des 81 tribunaux de commerce situés dans le ressort des 6 cours d'appel où se concentrent les tribunaux de commerce les moins actifs ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'administration a évalué l'activité des tribunaux de commerce situés dans le ressort des 6 cours d'appel concernées par la réforme à partir de données homogènes à l'ensemble de ces tribunaux, portant notamment sur le nombre d'affaires jugées au fond en contentieux général, le nombre de jugements rendus en matière de procédures collectives et le total des mouvements enregistrés au registre du commerce et des sociétés ; que les requérants, qui ne contestent pas les chiffres concernant ces derniers mouvements, soutiennent que l'activité juridictionnelle du tribunal de commerce d'Auxonne aurait été sous-évaluée en se fondant sur des données statistiques qui regroupent des catégories de jugements rendus par le tribunal autres que celles retenues par l'administration ; que les statistiques ainsi présentées ne permettent pas d'inférer que la décision de supprimer le tribunal de commerce d'Auxonne reposerait sur des faits matériellement inexacts ;
Considérant que l'éloignement du siège de la juridiction commerciale résultant, pour certains justiciables, de la suppression du tribunal de commerce d'Auxonne, ne constitue pas, eu égard aux motifs d'intérêt général présidant à la rationalisation de la carte des juridictions consulaires, une atteinte illégale au principe d'égalité entre les usagers du service public de la justice ;

Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que les données récentes relatives tant aux formalités accomplies au greffe du tribunal de commerce d'Auxonne qu'aux jugements rendus par lui, classent ce tribunal parmi les tribunaux de commerce du pays ayant l'activité la plus faible ; qu'il en résulte que la COMMUNE D'AUXONNE n'est pas fondée à soutenir que la décision de suppression du tribunal de commerce d'Auxonne serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Considérant que le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi ;
Article 1er : La requête de la COMMUNE D'AUXONNE est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la COMMUNE D'AUXONNE, au Premier ministre et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Références :

Décret 99-659 1999-07-30


Publications :

Proposition de citation: CE, 28 juillet 2000, n° 212982
Inédit au recueil Lebon
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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: Mme Vestur
Rapporteur public ?: M. Lamy

Origine de la décision

Date de la décision : 28/07/2000

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