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§ France, Conseil d'État, 22 février 2008, 313483

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Type d'affaire : Administrative
Type de recours : Excès de pouvoir

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 313483
Numéro NOR : CETATEXT000018573294 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2008-02-22;313483 ?

Texte :

Vu la requête, enregistrée le 19 février 2008 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Léopoldine A, demeurant à ... ; Mme Léopoldine A demande au juge des référés du Conseil d'Etat, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :


1°) de suspendre l'exécution de la décision du 28 janvier 2008 par laquelle le consul général de France à ... a refusé de lui délivrer un visa de court séjour ;


2°) d'enjoindre au consul général de France à Douala de réexaminer sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'intervention de la présente ordonnance ;


3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;



elle soutient qu'il y a urgence, dès lors que les congés qu'elle a pris pour rendre visite à sa famille résidant en France expirent le 3 mars ; qu'il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée ; qu'en effet, des visas de court séjour pour visite familiale lui ont déjà été délivrés précédemment ; qu'elle a toujours respecté les dates de retour qui lui ont été imposées, d'autant plus qu'elle dispose d'une situation professionnelle stable au Cameroun ;



Vu la copie du recours formé le 4 février 2008 à l'encontre de ladite décision devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu le code de justice administrative ;



Considérant qu'aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision » ; qu'en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d'urgence ;


Considérant qu'il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité le 28 janvier 2008 auprès des services du consulat général de France à Douala un visa de court séjour afin de rendre visite aux membres de sa famille qui résident en France ; qu'elle a saisi le 4 février 2008 la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France d'un recours contre le rejet de cette demande ; que, dès le 19 février 2008, elle a introduit une demande de suspension de ladite décision devant le juge des référés du Conseil d'Etat ;


Considérant que dans le cas où une décision administrative ne peut être déférée au juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé ; que le requérant doit toutefois démontrer l'urgence qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l'administration ait statué sur le recours introduit devant elle ;


Considérant qu'en l'espèce et en l'absence de circonstances particulières, une telle urgence n'est pas justifiée à la suite de la saisine, dès le 19 février 2008, du juge des référés, alors que le recours devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'avait été introduit que le 4 février précédent ; que la requête, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit en conséquence être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code ;




O R D O N N E :
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Article 1er : La requête de Mme Léopoldine A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Léopoldine A.

Copie en sera adressée au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement.


Publications :

Proposition de citation: CE, 22 février 2008, n° 313483
Inédit au recueil Lebon
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Origine de la décision

Date de la décision : 22/02/2008

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