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§ France, Cour administrative d'appel de Bordeaux, 2e chambre, 24 novembre 1993, 93BX00905 et 93BX01050

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 93BX00905;93BX01050
Numéro NOR : CETATEXT000007481125 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.bordeaux;arret;1993-11-24;93bx00905 ?

Analyses :

PROCEDURE - PROCEDURES D'URGENCE - SURSIS A EXECUTION - CONDITIONS D'OCTROI DU SURSIS - MOYENS SERIEUX.

URBANISME ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE - PERMIS DE CONSTRUIRE - REGLES DE PROCEDURE CONTENTIEUSE SPECIALES EN MATIERE DE PERMIS DE CONSTRUIRE - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - INTERET A AGIR.

URBANISME ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE - PERMIS DE CONSTRUIRE - REGLES DE PROCEDURE CONTENTIEUSE SPECIALES EN MATIERE DE PERMIS DE CONSTRUIRE - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - DELAIS DE RECOURS - POINT DE DEPART DU DELAI.

URBANISME ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE - AUTRES AUTORISATIONS D'UTILISATION DES SOLS - AUTORISATIONS DE TRAVAUX SUR DES IMMEUBLES ANCIENS - IMMEUBLES SOUMIS A LA LEGISLATION DES MONUMENTS HISTORIQUES ET DES SITES.


Texte :

Vu les requêtes enregistrées le 4 août 1993 et le 1er septembre 1993 sous les n° 93BX00905 et 93BX01050 présentées pour la COMMUNE DE MONTPELLIER (Hérault) ;
La COMMUNE DE MONTPELLIER demande à la cour :
1°) d'ordonner le sursis à exécution du jugement en date du 13 juillet 1993 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a, d'une part, prononcé le sursis à exécution des permis de construire délivrés le 29 octobre 1991 à la société Copra Languedoc-Pyrénées, d'autre part, condamné les sociétés Copra Languedoc-Pyrénées, Universalis, les Pivoines et Aquarelle à verser 5.000 F au titre de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel à l'association pour la protection des sites inscrits et classés de Montpellier ;
2°) d'annuler ce jugement ;
3°) de condamner l'association de protection des sites inscrits et classés de Montpellier à lui payer 5.000 F au titre de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de l'urbanisme ;
Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 18 novembre 1993 :
- le rapport de M. ZAPATA, conseiller ;
- les observations de Maître Ferran, avocat de la COMMUNE DE MONTPELLIER ;
- les observations de Maître Courrech, avocat de la société civile immobilière "Les Pivoines" ;
- les observations de Maître Coulombie, avocat de la société Copra Languedoc-Pyrénées, de la société civile immobilière Universalis et de la société civile immobilière Aquarelle ;
- et les conclusions de M. LABORDE, commissaire du gouvernement ;

Considérant que les requêtes n° 93-905 et 93-1050 sont dirigées contre un même jugement ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt ;
Sur la recevabilité de la demande de première instance :
Considérant, d'une part, qu'il résulte des dispositions de l'article R.421-39 du code de l'urbanisme que mention du permis de construire doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de la décision d'octroi et pendant toute la durée du chantier ; que ni le constat d'huissier établi le 30 octobre 1991 ni les attestations produites par la société Copra, dont certaines émanent de personnes ayant des liens avec cette société, et d'ailleurs contredites par plusieurs témoignages fournis par l'association de protection des sites inscrits et classés, n'établissent la continuité de l'affichage du permis de construire attaqué ; que dans ces conditions, la COMMUNE DE MONTPELLIER n'est pas fondée à soutenir que les recours présentés par l'association étaient tardifs et, par suite, irrecevables ;
Considérant, d'autre part, que contrairement à ce que soutient la COMMUNE DE MONTPELLIER, la demande dirigée contre les permis de construire litigieux par l'association de protection des sites inscrits et classés de Montpellier enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montpellier le 24 avril 1992, contenait l'exposé des faits, moyens et conclusions conformément à l'article R.87 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ; que dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée ;
Sur la régularité du jugement attaqué :
Considérant qu'en se fondant sur les motifs que, d'une part, le préjudice dont se prévaut l'association de protection des sites inscrits et classés de Montpellier, qui résulterait pour elle de l'exécution des permis de construire attaqués, présente un caractère de nature à justifier l'exécution desdites autorisations ; que, d'autre part, l'un au moins des moyens invoqués par cette association à l'appui de sa demande d'annulation des permis paraît de nature, en l'état du dossier, à justifier leur annulation, le tribunal administratif a, contrairement à ce que soutient la COMMUNE DE MONTPELLIER, suffisamment motivé le jugement attaqué ;
Sur la légalité des permis de construire :
Considérant que le préjudice qui résulterait pour l'association de protection des sites inscrits et classés de Montpellier de l'exécution des permis de construire délivrés le 29 octobre 1991 par le maire de Montpellier à la société Copra Languedoc-Pyrénées présente, dans les circonstances de l'affaire, un caractère de nature à justifier le sursis à l'exécution de ces décisions ;
Considérant que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R.111-21 du code l'urbanisme paraît, au vu du dossier, sérieux et de nature à justifier l'annulation des permis attaqués ; que, dès lors, c'est légalement que le tribunal administratif de Montpellier a, par le jugement attaqué, ordonné le sursis à l'exécution de ces arrêtés ;
Sur l'application de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel :

Considérant qu'aux termes de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel : "Dans toutes les instances devant les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation" ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce d'allouer à l'association de protection des sites inscrits et classés de Montpellier une somme de 4.000 F au titre des frais exposés par elle à l'occasion du procès ;
Article 1ER : Les requêtes 93-905 et 93-1050 de la COMMUNE DE MONTPELLIER sont rejetées.
Article 2 : La COMMUNE DE MONTPELLIER est condamnée à verser la somme de 4.000 F à l'association de protection des sites inscrits et classés de Montpellier, en application de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel.

Références :

Code de l'urbanisme R421-39
Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R87, R111-21, L8-1


Publications :

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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: M. ZAPATA
Rapporteur public ?: M. LABORDE

Origine de la décision

Formation : 2e chambre
Date de la décision : 24/11/1993

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