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§ France, Cour administrative d'appel de Bordeaux, 1e chambre, 05 février 1998, 96BX00528

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Type d'affaire : Administrative

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 96BX00528
Numéro NOR : CETATEXT000007489893 ?
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.bordeaux;arret;1998-02-05;96bx00528 ?

Analyses :

ENSEIGNEMENT - QUESTIONS PROPRES AUX DIFFERENTES CATEGORIES D'ENSEIGNEMENT - ETABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT PRIVES - RELATIONS ENTRE LES COLLECTIVITES PUBLIQUES ET LES ETABLISSEMENTS PRIVES.


Texte :

Vu le recours enregistré le 20 mars 1996 au greffe de la cour sous le n 96BX00528 présenté par le MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE ; le MINISTRE demande à la cour d'annuler l'ordonnance en date du 28 décembre 1995 par laquelle le président du tribunal administratif de Bordeaux statuant en référé a condamné l'Etat à verser une provision de 395.095 F à l'organisme de gestion de l'enseignement catholique de Saint Julien Victoire en remboursement de la part patronale légalement obligatoire des cotisations sociales afférentes aux régimes de prévoyance des maîtres des établissements d'enseignement privé sous contrat d'association ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la constitution, notamment en son article 55 ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu la loi n 59-1557 du 31 décembre 1959 modifiée ;
Vu la loi de finances n 95-1346 du 30 décembre 1995 ;
Vu le décret n 96-627 du 16 juillet 1996 ;
Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu la loi n 87-1127 du 31 décembre 1987 ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 janvier 1998 :
- le rapport de F. ZAPATA, rapporteur ;
- les observations de Me GALHARRET, avocat de l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire ;
- et les conclusions de J.F. DESRAME, commissaire du gouvernement ;

Sur l'ordonnance attaquée :
Considérant qu'aux termes de l'article 15 de la loi du 31 décembre 1959 modifiée : "les règles générales qui déterminent les conditions de service et de cessation d'activité des maîtres titulaires de l'enseignement public ainsi que les mesures sociales et les possibilités de formation dont ils bénéficient sont applicables également et simultanément aux maîtres justifiant du même niveau de formation, habilités par agrément ou par contrat à exercer leurs fonctions dans des établissements d'enseignement privé liés à l'Etat par contrat ... l'égalisation des situations prévue au présent article sera conduite progressivement et réalisée dans un délai maximum de cinq ans" ; que selon l'article 107 de la loi de finances n 95-1346 du 30 décembre 1995 : "sous réserve des décisions de justice passées en force de chose jugée, les obligations de l'Etat tenant, pour la période antérieure au 1er novembre 1995, au remboursement aux organismes de gestion des établissements d'enseignement privé sous contrat de la cotisation sociale afférente au régime de retraite et de prévoyance des cadres, institué par la convention collective du 14 mars 1947 et étendu par la loi n 72-1223 du 29 décembre 1972 portant généralisation de la retraite complémentaire au profit des salariés et anciens salariés sont égales à la part de cotisation nécessaire pour assurer l'égalisation des situations prévue par l'article 15 de la loi n 59-1557 du 31 décembre 1959 sur les rapports entre l'Etat et les établissements d'enseignement privés ... cette part est fixée par décret en Conseil d'Etat. "qu'aux termes de l'article 1er du décret n 96-627 du 16 juillet 1996 portant application de l'article 107 de la loi de finances pour 1996 : "pour l'application de l'article 107 de la loi du 30 décembre 1995 susvisée, la part de cotisation afférente au régime de retraite et de prévoyance des cadres nécessaire pour assurer l'égalisation des situations prévue à l'article 15 de la loi du 31 décembre 1959 susvisée, est fixée à 0,062 % de la rémunération brute inférieure au plafond fixé pour les cotisations de sécurité sociale au titre des périodes concernées" ;

Considérant que par l'ordonnance attaquée, le président du tribunal administratif de Bordeaux statuant en référé, a accordé à l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire une provision égale au montant de la part patronale de cotisations sociales afférentes au régime de retraite et de prévoyance des cadres institué par la convention collective nationale du 14 mars 1947 et étendu par la loi n 72-1223 du 29 décembre 1972, que cet organisme a payée au titre des années 1990, 1991, 1992, 1993 et 1994 ; que si les cotisations versées constituent, pour l'application des dispositions précitées des lois du 31 décembre 1959 et du 30 décembre 1995, des charges sociales obligatoires pour l'employeur, l'article 1er précité du décret du 16 juillet 1996 a toutefois limité à 0,062 % de la rémunération brute inférieure au plafond pour les cotisations de sécurité sociale, la part de cotisation afférente au régime de retraite et de prévoyance des cadres incombant à l'Etat ; qu'en conséquence, le MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE est fondé à soutenir que c'est à tort que l'Etat a été condamné à rembourser à l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire la totalité des cotisations qu'il a versées, et à demander la réformation de l'ordonnance attaquée ;
Considérant qu'il y a lieu pour la cour saisie de l'affaire par l'effet dévolutif de l'appel, de se prononcer sur le montant des sommes dûes par l'Etat et d'examiner les autres moyens soulevés par l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire en appel ;
Considérant qu'en application des dispositions précitées, la somme que l'Etat a été condamné à verser à l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire par l'ordonnance attaquée est ramenée au montant limité au taux de 0,062 % des rémunérations brutes inférieures au plafond fixé par les cotisations de sécurité sociale, au titre des années 1990, 1991, 1992, 1993 et 1994 ;
Considérant que les dispositions de l'article 107 précité de la loi du 30 décembre 1995 ont pour objet non de réduire rétroactivement les obligations financières de l'Etat à l'égard des organismes de gestion des établissements d'enseignement privés mais d'en réaffirmer l'étendue telle qu'elle a été définie par les prescriptions de l'article 15 ajouté à la loi du 31 décembre 1959 par la loi du 25 novembre 1977 et de permettre ainsi un règlement des dettes de l'Etat à l'égard de ces organismes conforme à ces prescriptions ; que ces dispositions qui ne font pas obstacle au droit des organismes de gestion de demander la compensation du retard mis par le gouvernement à prendre les mesures nécessaires à une exacte application de l'article 15 de la loi du 31 décembre 1959 modifiée ne sont constitutives ni d'une atteinte au principe du droit à un procès équitable énoncé par les stipulations de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni d'une atteinte au principe de non discrimination édicté à l'article 14 de cette convention ;

Considérant que ces dispositions ne peuvent davantage être regardées comme portant atteinte au droit de toute personne physique ou morale au respect de ses biens énoncé par l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que la fraction des cotisations sociales qui excède ce qui est nécessaire pour parvenir à l'égalisation des situations entre les maîtres de l'enseignement privé et les maîtres titulaires de l'enseignement public, au remboursement de laquelle l'organisme de gestion d'un établissement enseignant privé qui l'a acquittée ne détient pas un droit, ne constitue pas un bien dont l'article 107 précité aurait eu pour effet de déposséder cette personne morale ;
Sur l'application de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel :
Considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ; que, dès lors, les conclusions de l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire être rejetées ;
Article 1er : La somme que l'Etat a été condamné à verser à l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire par l'ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux en date du 28 décembre 1995 est ramenée au montant limité au taux de 0,062 % des rémunérations brutes inférieures au plafond fixé pour les cotisations de sécurité sociale, pour les années 1990, 1991, 1992, 1993 et 1994 ;
Article 2 : L'article 1er de l'ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux en date du 28 décembre 1995 est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.
Article 3 : Le surplus de la demande présentée devant le tribunal administratif de Bordeaux par l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de l'organisme de gestion de l'enseignement catholique (O.G.E.C.) de Saint Julien Victoire tendant à l'application de l'article L.8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel sont rejetées.

Références :

Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel L8-1
Décret 96-627 1996-07-16 art. 1
Loi 59-1557 1959-12-31 art. 15
Loi 72-1223 1972-12-29
Loi 77-1285 1977-11-25
Loi 95-1346 1995-12-30 art. 107


Publications :

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Composition du Tribunal :

Rapporteur ?: F. ZAPATA
Rapporteur public ?: J.F. DESRAME

Origine de la décision

Formation : 1e chambre
Date de la décision : 05/02/1998

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