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§ X. c. ITALIE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Partiellement irrecevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 6741/74
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1976-05-21;6741.74 ?

Analyses :

(Art. 11) LIBERTE DE REUNION ET D'ASSOCIATION, (Art. 11-1) FONDER ET S'AFFILIER A DES SYNDICATS, (Art. 11-1) INTERET DES MEMBRES


Parties :

Demandeurs : X.
Défendeurs : ITALIE

Texte :

APPLICATION/REQU ETE N° 6741/74 X . v/ITALY X . c/ITAL Y DECISION of 21 May 1976 on the admissibility of the application DÉCISION du 21 mai 1976 sur la recevabilité de la requét e
A rticle 9, paragraph 2 of the Convention, Article 10, paragraph 2 of the Convention , Article 11, paragraph 2 of the Convention : The criminal repression . of schemings designed to restore the fascist party may be considered as necessary, in a democratic society for the protection of public order and the rights and freedoms of others . Article 14 of the Convention in conjunction with articles 9, 70 and 11 of the Convention : A difference in treatment applied to individuals inspired by fascist ideology has a legitimate aim : that of protecting democratic institutions . Article 9, paragraphe 2, de la Convention, Artlcle 10, paragraphe 2, de la Convention , Article 11, paragraphe 2, de la Convention : La répression pénale de menées tendant à reconstituer le parti fasciste peut être considérée comme nécessaire, dans une société démocratique, é la sOreté publique et é la protection des droits et libertés d'autrui. Article 14 de la Convention, combiné avec les articles 9, 10 et 11 de fe Convention : Une différence de traitement réservée à ceux qui s'inspirent de l'idÉologie fasciste a un but légitime : celui de protéger les institutions démocratiques. (English : see p. 84 )
Résumé des faits
En 1968, le requérant a fondé en ltalie un mouvement politique dont la doctrine et le programme s'inspirent de ceux du parti fasciste, dont il a méme adopté les emblémes . Il a fait l'objet de plusieurs poursuites pénales et de condamnations fondées sur la loi italienne N° 645, du 20 %uin 1952, qui interdit la réorganisation, sous quelque forme que ce soit, du parti fasciste dissous . EN DROIT 1 . Le requérant se plaint des condamnations qu'il a encourues et des poursuites dont il fait actuellement l'objet sur base de la loi italienne du 20 juin 1952 N° 645 . II affirme que cette loi viole les droits et les libertés que lui reconnaissent notamment les articles 9, 10 et 11 de la Convention .
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Il est vrai que lesdits articles garantissent respectivement la liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté d'expression ainsi que la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association . L'exercice de ces droits et libertés peut toutefois faire l'objet de restrictions dans les conditions prévues aux paragraphes 2 de chacun des articles susvisés . Or, la Commission estime que les restrictions dont le requérant se plaint constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sûreté publique et à la protection des droits et des libertés d'autrui . Il s'ensuit que cette partie de la requête est manifestement mal fondée, au sens de l'article 27, 4 2, de la Convention . 2 . Le requérant se plaint en outre du caractére discriminatoire de la loi incriminée . Il invoque à ce sujet l'article 14 de la Convention qui interdit toute discrimination dans la jouissance des droits et libertés reconnus dans la Convention . La Commission entend se référer ici à la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l'Homme (arrêt du 23 juillet 19 68 dans l'Affaire « relative à certains aspects du régime linguistique de l'enseignement en Belgique ») posant des critéres permettant de juger qu'une différence de traitement ne constitue pas une discrimination : justification objective et raisonnable d'une mesure et proportionnalité entre les moyens utilisés et le but visé .
Faisant application de ces critères d'interprétation, la Commission estime que la différence de traitement réservée par le législateur italien à ceux qui s'inspirent de l'idéologie fasciste se justifie par le fait qu'elle poursuit un but légitime : celui de protéger les institutions démocratiques . En outre, rien dans le dossier ne permet de conclure, en l'espéce, à l'absence d'un rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés par l'Etat italien et le but visé . Il s'ensuit dés lors que les griefs du requérant, pour autant qu'ils se fondent sur l'article 14 de la Convention, combiné avec les articles 9, 10 et 11 précités, doivent être rejetés également pour défaut manifeste de fondement, au sens de l'article 27, § 2, de la Convention . Par ces motifs, la Commission DÉCLARE LA REQUETEIRRECEVABLE .
Summary of the facts In 1968, the applicant founded in Italy a political movement whose doctrine and platform were inspired by those of the fascist party, of which he even copied the symbol. Several criminal proceedings were brought against him and led to several convictions on the basis of the Italian Act No . 645, of 20 June 1952, lorbidding the reorgantsation, under whatever form, of the dissolved tascrst party .
I TRANSL ATION I THE LAW 1 . The applicant complains of the convictions that he has received and of the proceedings currently being brought against him on the basis of the Italian Act o f
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20 June 1952, No . 645 . He asserts that this Act violates the rights and freedoms secured to him, particularly by Articles 9, 10 and 11 of the Convention . It is true that the said articles guarantee respectively freefom of thought, conscierice and religion, freedom of expression, and freedom of peaceful assembly and of association . The exercise of those rights and freedoms can however be subject to the limitations laid down in paragraph 2 of each of the above mentioned articles . The Commission considers that the limitations complained of by the applicant constitute measures necessary in a democratic society in the interests of public safety and the protection of the rights and freedoms of others . It follows that this part of the application is manifestly ill-founded within the meaning of Article 27 (2) of the Convention .
2 . The applicant further complains of the discriminatory nature of the Act objected to . In this connection he refers to Article 14 of the Convention, which prohibits all discrimination in the enjoyment of the rights and freedoms enshrined in the Convention . The Commission refers here to the case-law of the European Court of Human Rights (judgment of 23 July 19 68 in the case "relating to certain aspects of the laws on the use of languages in education in Belgium") which establishes criteria for deciding that a particular difference in treatment does not amount to discrimination : the objective and reasonable justification of a measure and proportionality between the means employed and the end desired . Applying these criteria of interpretation, the Commission considers that the difference in treatment accorded under the Italian legislation to persons inspired by the fascist ideology is justified by the fact that it pursues a legitimate aim, that of protecting democratic institutions . Further, there is noting in the file to warrant the conclusion that in this particular case no reasonable relationship of proportionality existed between the means employed by the Italian state and the aim pursued .
It therefore follows that the applicant's complaints, in so far as they are based on Article 14 of the Convention in conjunction with Articles 9, 10 and 11 above-mentioned, must also be dismissed as manifestly ill-founded within the meaning of Article 27 (2) of the Convention . For these reasons, the Commissio n DECLARES THE APPLICATION INADMISSIBLE .
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Origine de la décision

Formation : Commission (plénière)
Date de la décision : 21/05/1976

Fonds documentaire ?: HUDOC

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