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§ X. c. SUISSE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Partiellement irrecevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 8407/78
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1980-05-06;8407.78 ?

Analyses :

(Art. 35-1) EPUISEMENT DES VOIES DE RECOURS INTERNES, (Art. 35-3) RATIONE TEMPORIS, (Art. 6-1) PROCES EQUITABLE


Parties :

Demandeurs : X.
Défendeurs : SUISSE

Texte :

APPLICATION/flEQUETE N° 8407/78 X . v/SWITZERLAN D X . c/SUISS E DECISION of 6 May 1980 on the admissibility of the application DECISIQN du 6 mai 1980 sur la recevabilité de la requêt e
Article 6, paragraph 1 o f the Convention : This provision does not pmvent Contracting States from regulating access to appeal jurlsdictions, especially as far as time limits are concerned . Case where intending appellant resident abroad.
Article 6 paragraphe 1, de la Convention : Cette disposition n'empAche pas les Etats contractants de rAglementer /âccès aux juridictions de recours, notamment quant aux délais . Cas o0 celui qui entend former recour.s est domicilié B l'étranger.
Ilran(:ats : voir p . 181 )
THE FACTS IExtractsl
The applicant is a retired merchant . He resides at H ., Norway .
On 22 December 1977 the Court of Appeal (Obergericht) of the canton of Zurich granted the applicant partial exemption from the costs of an action concerning the partition of an inheritance IErbschaftsprozessl to the effect that the security concerning costs to be paid by him was reduced to 6 000 SF payable in monthly instalments of 500 SF . On 9 January 1978 the Court ordered that the first instalment should be paid on 1 February 1978 . The applicant states ihal the decision of 22 December 1977 was communicated to his lawyer on 30 December 1977 . The lawyer forwarded it to him and he received it at the beginning of January 1978 . He was allegedly informed by his lawyer that if he intended to appeal he had to do thi s
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himself . Believing that he thereby respected the time limit, the applicant submitted the appeal on 10 January 1978 to the Swiss Embassy in Oslo . The Embassy allegedly mailed the appeal on the following day to the competent court IKassationsgerichtl . This court rejected the appeal on 20 February 1978 as having been lodged out of time . The court stated that the time limit for the appeal had expired on 18 January 1978 while a brief filed by the applicant's lawyer was not received bafore 23 January 1978 and the applicant's own submission nol before 1 February 1978 The decision of 20 February 1978 also rejected the applicant's appeal against the order of 9 January 1978 on the ground that this order did not, by itself, affect the applicant's rights . The applicant then lodged a constitutional appeal Istaatsrechtliche Beschwerde) against the decision of 20 February 1978 . This appeal was rejected by the Swiss Federal Court (Schweiz . Bundesgerichtl on . . . April 1978 as being unfounded
The applicant refers to the Federal Act on Administrative Proceedings IBundesgesetz ü das Verwaltungsvertahrenl according to which in federal matters written submissions must be submitted within the legal delays either to the Swiss post or to Swiss diplomatic consular representations . He considers that this regulation should have been applied in his case . In a letter of 3 November 1978 he had . however, been informed by the Federal Swiss Finance Department that the regulation did not apply to cantonal matters . He is of the opinion that he was wrongly held responsible for the fact that his appeal which he submitted to the Swiss Embassy in Oslo on 10 January 1978 did not reach the court before 18 January 1978 when the time-limit for this appeal expired .
THE LAW (Extract ) The applicant has complained that his appeal against the decision of the Court of Appeal dated 22 December 1977 has been rejected for having been lodged out of time . It is true that Article 6, paragraph 1, of the Convention secures to everyone the right to a fair trial and this right includes the right of access to the courts . However, the Commission has already decided that this provision does not debar Contracting Parties from making regulations governing the access of litigants to an appellate court Icf . decision on the admissibility of Application No . 727/69, Yearbook 3, 303, 308) . Regulations concerning delay$ within which appeals have to be lodged undoubtedly serve the purpose of assuring a proper administration of justice . - 180 -
In the applicant's case it cannot be found that the Swiss regulations in question prevented the applicant from lodging his appeal on time . The Commission first notes that the applicant's lawyer received the decision of 22 December on 30 December 1977 but apparently did not lodge any observations before 23 January 1978 when the time limit for an appeal had expired . The applicant himself received the decision according to his own statements at the beginning of January and therefore had enough time to mail his appeal directly to the court as the time limit did not end before 18 January 1978 . The applicant has himself not shown that the Swiss Embassy in accepting his appeal for the purpose of forwarding it to the court assured him that by depositing the appeal with the embassy he had respected the time-limit . Furthermore the Commission notes that the applicant could have sent a cable to the court requesting an extension of the time-limit in view of the fact that he lived abroad (see Section 276 131 of the Zurich Code of Civil Procedure) . An examinatiorr by the Commission of this complaint as it has been submitted, including an examination made ex officio, does not therefore disclose any appearance of a violation of the rights and freedoms set out in the Convention and in particular in the above article . It follows that this part of the application is manifestly ill-lounded within the meaning of Article 27, paragraph 2, of the Conventio n
(TRADUCTION ) EN FAIT (Extraits ) Le requérant est un commerçant retraité . Il réside à H ., en Norvége .
Le 22 décembre 1977, la cour d'Appel IObergerichtl du canton de Zurich a partiellement dispensé le requérant d'acquitter les frais relatifs à une action en partage d'héritage IErbschaftsprozessl en sorte que l'avance de frais qu'il devait verser fut réduite à 6 000 FS, payables par mensualités de 500 FS . Le 9 janvier 1978, la cour ordonna de verser la première mensualité le 1^ 1 février 1978 . Le requérant déclare que l'arrêt du 22 décembre 1977 a été signifié le 30 décembre à son avocat, qui le lui a fait suivre ; il l'a reçu au début d e - 181 -
janvier 1978 . Son avocat l'aurait informé que s'il voulait recourir, il devait s'en occuper personnellement . Le requérant déposa son acte de recours le 10 janvier 1978 à l'Ambassade de Suisse à Oslo, croyant par lé même respecter le délai . L'Ambassade aurait transmis le lendemain ce recours à la juridiction compétente IKassationsgerichtl qui, le 20 février 1978, rejeta le recours comme tardif . La cour déclara que le délai de recours avait expiré le 18 janvier 1978, alors qu'elle avait reçu le 23 janvier 1978 le dossier envoyé par l'avocat du requérant et le 1er février 1978 les observations du requérant lui-même . L'arrêt qu'ellerendit le 20 février 1978 rejetait également le recours formé par le requérant contre la décision du 9 janvier 1978 au motif que cette dernière n'affectait pas, en soi, les droits du requérant . Le requérant forma alors contre la décision du 20 février 1978 un recours de droit public Istaatsrechtliche Beschwerde) . que le Tribunal Fédéral suisse (Schweizerisches Bundesgerichtl rejeta le . . avril 1978 pour défaut de fondement .
Le requérant se référe à la Loi fédérale sur la procédure administrative (Bundesgesetz über das Verwaltungsverlahrenl selon laquelle, en matiére fédérale, les mémoires doivent être transmis dans les délais légaux soit par les postes suisses, soit par les représentations diplomatiques ou consulaires de la Suisse . Cette réglementation aurait dû, selon lui, s'appliquer en l'espéce . Une lettre du 3 novembre 1978, adressée par le Département lédéral suisse des Finances, l'a toutefois informé que cette réglementation ne s'applique pas en matiére cantonale . Le requérant estime que c'est à tort qu'il a été tenu pour responsable du fait que son recours, pourtant déposé à l'Ambassade suisse à Oslo le 10 janvier 1978, n'est arrivé à la cour que le 18 janvier 1978, après expiration du délai de recour s
EN DROIT IExtrait l Le requérant se plaint que son recours contre l'arrêt rendu par la cour d'appel le 22 décembre 1977 ait été rejeté comme tardif . Certes, l'article 6, paragraphe 1, de la Convention garantit a toute personne le droit à un procés équitable, droit qui inclut notamment le droit d'accés aux tribunaux . La Commission a toutefois déjA décidé que cette disposition n'interdit pas aux Hautes Parties Contractantes d'édicter des réglementations régissant l'accès des plaideurs à une juridiction de recours (cf . Décision sur la recevabilité de la requéte N° 727/69, Annuaire III, 303 ,
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et 308) . La réglementation relative aux délais à respecter pour former un recours vise assurément une bonne administration de la justice . En l'espéce, on ne saurait dire que la réglementation suisse contestée ait empéchée le requérant de recourir à temps . l .a Commission relève tout d'abord que si l'avocat du requérant a reçu le 30 décembre 1977•notification de l'arrêt du 22 décembre, il ne semble pas avoir présenté de mémoire avant le 23 janvier 1978 , soit aprés expiration du délai d'appel De son c0té, le requérant dit avoir reçu l'arrêt au début du mois de janvier, ce qui lui laissait suffisamment de temps pour adresser directement par la poste son recours au tribunal, le délai courant jusqu'au 18 janvier 1978 . Le rèquérant n'a pas établi qu'en acceptant son acte de recours pour l'envoyer à la cour, l'Ambassade de Suisse lui avait donné l'assurance que le délai était respecté par le dépBt du recours à l'Ambassade . D'ailleurs, la Commission reléve que le requérant aurait pu, puisqu'il vivait à l'étranger, adresser un télégramme à la cour pour solliciter une prorogation du délai Ivoir article 276, paragraphe 3 du Code zurichois de procédure civile) . L'examen par la Commission de ce grief tel qu'il a été présenté, y compris un examen d'office, ne révéle donc aucune apparence de violation des droits et Gbertés garantis par la Convention, et notamment par l'article précité . Il s'ensuit que cette partie de la requète est manifestement mal fondée, au sens de l'article 27 , paragraphe 2, de la Convention .
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Origine de la décision

Formation : Commission (plénière)
Date de la décision : 06/05/1980

Fonds documentaire ?: HUDOC

HUDOC
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