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§ X. c. REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Radiation partielle du rôle ; Frais et dépens - demande rejetée (deuxième requérant)

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 8363/78
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1980-05-12;8363.78 ?

Analyses :

(Art. 35-1) EPUISEMENT DES VOIES DE RECOURS INTERNES, (Art. 35-3) RATIONE TEMPORIS, (Art. 6-1) PROCES EQUITABLE


Parties :

Demandeurs : X.
Défendeurs : REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE

Texte :

APPLICATION/REQUETE N° 8363/7 8 X . v/the FEDERAL REPUBLIC OF GERMANY X c/REPUBLIOUE FEDERALE D'ALLEMAGN E
DECISION of 12 May 1980 on the admissibility of the application DÉCISION du 12 mai 1980 sur la recevabilité de la requèt e
Article 1, paragraph 1 of the First Protoco/ :/s the right to the use of a burial plot of unlimited duration (which does not amount to ownership of the land itself) a right to property ? tOuestion not pursued) . Article 1, paragraph 2 of the First Protocol : A provision regulating the duration of a right to use burial plots, which had originally been granted for an unlimited time, ts a provision to control the use of properry . The limitation of the duration of a right to use a burial plot ts in the general interest .
A rticle 1, paragraphe 1, du Protocole additionnel : Une concession /unéraire de durée illimitée Imais n'emportant pas propriété du son est-elle assimilable à un droit de propriété ? IOuestion non réso/uel . Article 1, paragraphe 2, du Protocole additionnel : Constituent une réglemem tattbn de l'usage des biens, les dispositions limitant la durée des concessions funéraires sripulées perpétuelles é l'origine. La limitation de la durée des concessions lunéraires est conforme à l'intérèt général.
(English see p 765 1
Résumé des faits pertinents
Par une rc loi » adoptée en 1967, le synode de l'Eglise évangélique luthérienne d'O a décidé que les concessions lunéraires de durée illimitée Idites rc pour la durée de l'existence du cimetiére »I qui avaient été octroyées par le passé seraient désormais soumrses à la réglementation applicable au x
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concessions ordinaires, soit limitAes à 40 ans, avec prolongation possible moyennant une redevance . Le requérant avait acquis par succession une concession illimitée dans le cimeriére de cette Eglise, pour deux tombes remontant à plusieurs générations En vertu de la nouvelle réglemenration, cette concession échoit en 1972 pour l'une des rombes, en 1981 pour l'aure . Le requérant s'est adressA sans succés aux tribunaux adminrstratils puis A la Cour constitûtionnelle fédérale .
EN DROIT IExtrait l Le requérant se plaint len premier lieul que l'Eglise évangélique luthérienne a limité dans le temps et sans indemnisation ses concessions funéraires à l'origine illimitées . II allégue la violation de l'article 1 du Protocole additionnel qui dispose : a Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens . Nul ne peut ètre privé de sa propriété que pour çause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international . Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possédent les Etats de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérét général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes . » Quant à la compétence ratione personae, la Commission constate qu'en République Fédérale d'Allemagne les Eglises, établissements de droit public, exercent les pouvoirs qui leur sont dévolus par l'Etat, notamment quant à l'administration de leurs cimetiéres Ivoir, par exemple, Maunz, Dürig, Herzog, Scholz, Grundgesetz, Kommentar, Art . 19, Ann . N° 201 . La Commission estinie donc qu'en l'espéce la République Fédérale d'Allemagne répond en principe, sous l'angle de la Convention, des actes dont se plaint le requérant . La Commission est ainsi compétente ratione personae pour connaître de la requète . La Commission constate ensuite que le cimetiére de l'Eglise évangélique luthérienne d'Q . est et demeure propriété de cette église . Les concessions funéraires s'analysent en un droit d'usage d'un emplacement déterminé dans le cimetiére . Le requérant soutiem que les concessions dites illimitées (pour la durée du cimetiérel qui lui avaient été octroyées à l'origine sont elles-mémes assimilables à une propriété, au sens de l'article 1^•, du Protocole additionnel
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Même à supposer que cette thése soit acceptée, la Commission reléve que .le requérant n'a pas été privé purement et simplement de sa concession . Il ressort des décisions judiciaires rendues dans la présenle affaire que la loi, bien que limitant à quarante ans la concession originaire de l'intéressé, donne à celui-ci la faculté de la prolonger moyennant paiement d'une redevance spécif iq ue . Cetle législation s'analyse en une réglementation de l'usage du cimetière . Or, le deuxiéme paragraphe de l'article 1 - du Protocole additionnel reconnaît le droit des Etats de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérèt général . Il est manifeste que la limitation de la durée des concessions funéraires a pour but d'éviter une pénurie d'emplacements dans les cimetiéres ou une extension démesurée de ceux-ci Elle est donc conforme à l'intérét général . Il s'ensuit que la limitation à quarante ans des concessions qui avaient été octroyées au requérant est une mesure autorisée par le deuxiéme paragraphe de l'article 1 - du Protocole additionnel . Icf . aussi No 6125/73, D .R . 7, pp . 51,541 . Il n'y a donc, sur ce point, aucune apparence de violation de la Convention, de sorte que cette partie de la requête est manifestement mal fondée, au sens de l'article 27, paragraphe 2, de la Convention .
Summary of the relevant facts. The synod of the Evangelical lutheran church of O . decided, by a decree adopted in 1567, that the right to use a burial plot for an unlimited period Iquote "while the cemetery remains in existence"I which had previously been granted, would nevertheless become subject to the usual regulations to which similar ordinary rights were subject, i.e . to be limited to 40 years, with a possible extension on condition of a further payment . The applicant inherited an unlimited right in respect of a plot in the cemetery of this Church going back several generations for two tombs . As a result of the decree this right would expire in 1972 in respect of one tomb and in 1981 in respect of the other. The applicant applied unsuccessfufly to the administrative courts and to the Federal Constitutional Court .
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I TRANSLAT/ON I
THE LAW (Extract ) The applicant complains (first) that the Lutheran Church has placed a temporal limit on his perpetual burial rights without granting compensation . He alleges a violation of Article 1 of the First Protocol which provides "Every natural or legal person is entitled to the peaceful enjoyment of his possessions No one shall be deprived of his possessions except in the public interest and subject to the conditions provided for by law and by the general principles of international law . The preceding provisions shall not however in any way impair the right of a state to enforce such laws as it deems necessary to control the use of property in accordance with the general interest or to secure the payment of taxes or other contributions or penalties . " In respect of its jurisdiction rarione personae, the Commission notes that in the Federal Republic of Germany the churches, which are public law corporations, exercise powers delegated to them by the State, in particular with regard to the administration of their cemeteries Isee, e .g ., Maunz, Dürig, Herzog, Scholz, Grundgesetz, Kommentar, Article 19, Anm . No . 20) . In the instant case therefore, the Federal Republic of Germany is, from the point of view of the Convention, answerable for the acts of which the applicant is complairting . The Commission has, therefore, jurisdiction ratione personae to entertain the application . The cemetery of the Lutheran Church in 0 . is and remains the property of the Church . Burial rights may be defined as the right to use a specific burial plot in the cemetery . The applicant argues that the so-called perpetual burial rights (so long as the cemetery exists) which were originally granted to him are in themselves equivalent to property within the meaning of Article 1 of the First Protoco l Event if this argument is accepted, the applicant has not been purely and simply deprived of his burial rights . It appears from the judgments in the instant case that the measure in question, though limiting the applicants' original burial rights to a period of 40 years, gives him the right to extend them by paying specific fees . In fact this legislation regulates the use of the cemetery . In this connection, the second paragraph of Article 1 of the First Protocol recognises the right of States to enact the laws they consider necessary to regulate the use of property in accordance with the general interest . It i s
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obvious that the restriction of the term of the burial rights is designed to prevent a shortage of burial places in the cemetery or an excessive extension of the latter . It is therefore in accordance with the general interest . It follows that the restriction to 40 years of the burial rights granted to the applicant is a measure authorised by the second paragraph of Article 1 of the First Protocol Icf . also No . 6125/73, Decisions and Reports 7, pp . 51, 54 ) There is therefore no appearance of a violation of the Convention on this point, so that this part of the appliation is manifestly ill-founded within the meaning of Article 27, paragraph 2, of the Convention .
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Origine de la décision

Formation : Cour (chambre)
Date de la décision : 12/05/1980

Fonds documentaire ?: HUDOC

HUDOC
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