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§ X. c. NORVEGE

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Type d'affaire : Decision
Type de recours : Partiellement recevable ; partiellement irrecevable

Numérotation :

Numéro d'arrêt : 9401/81
Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1981-12-17;9401.81 ?

Analyses :

(Art. 5-1) LIBERTE PHYSIQUE, (Art. 5-1) VOIES LEGALES, (Art. 5-1-e) ALIENE, (Art. 5-2) INFORMATION DANS LE PLUS COURT DELAI, (Art. 5-4) INTRODUIRE UN RECOURS


Parties :

Demandeurs : X.
Défendeurs : NORVEGE

Texte :

APPLICATION/REQUETE N° 9401/8 1 X . v/NORWAY X . c/NORVEG E DECISION of 17 December 1981 on the admissibility of the application DECISION du 17 décembre 1981 sur la recevabilité de la requét e
AtYlcle 10 of the Convention : There is no interference with the freedom of expression of a high officiat in the Ministry of Foreign Affairs, given the duties attached to his function, if he is tranaferred as a result of, in pa rticular, a rtic(es in the press inspired by him on an alleged surveillance which he is subjected to .
Ar tlcle 10 de la Convention :/l n ;y a pas atteinte à la liberté dezpre:sion d'un fonctionnaire supérieur au Ministère des Affaires é trangères, compte tenu des devoirs attachés à ses fonctions, s'il fait l'objet d'une mutation à la suite, notamment, d'anicles de presse inspiré.r par lui sur une prétendue surveillance dont il se croyait l'objet .
(jrancai.s : voir p . 230 ) Summary of the televants facts The applicant served in the Norwegian Foreign Ministry since 1963 with an interruption of some short periods before 1970 during which he was employed in private business. He submits that he has had the impression as from 1969 that he was subject to surveillance by the intelligence services in a manner which clear(y exceeded the normal security method: adopted in re.spect of an official working in this field. In 1972 he was admitted for a very sho rt period to a mental hospital. Shortly thereafter he was promoted to the rank of head of division with the Foreign offce .
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In 1973, the applicant filed a complaint to the police about the Minister of Justice and various others high ranking officials, alleging that they were persecuting him . No action was taken however. A few weeks later, the applicant was forcibly confined to a mental hospital with the consent of his family. At the begining of 1976, he was relieved of his duties as a head of Divlsion although he remained a tt ached to the Ministry and his sala ry was unaffected by the decision . As a result of this decision, he instituted a law suit against the State claiming damages but his claim was dismissed . On a number of occasions, before and after the above decision, the applicant contacted the press in order to draw their attention to his case. Various newspapers then published articles about it between 1976 and 1978 . The applicant submits that the measures taken in his respect by the Minister of Foreign Afjairs were the result of the publicity which he wished to give to his case . THE LAW (Extract ) The applicant [flrstlyj complains that when he criticized the Norwegia n authorities publicly for subjecting him to surveillance, he was relieved of his duties as Head of the . . . Division in the Foreign Ministry and has since then been given no duties corresponding to his position as Head of Division .
He sees this as a violation of Article 10 of the Convention which safeguards the right to freedom of expression . The Commission firstly observes that there is no evidence to suggest that the Norwegian authorities directly hindered the applicant in expressing his opinion on the subject matter . On the contrary, the applicant exercised his right to freedom of expression by airing his views in the mass media as described above . The Norwegian authorities, however, have always denied that the applicant was subjected to surveillance, and maintain that his allegations on this point stemm only from his own imagination . In the above-mentioned court decisions it was not found proven that he had been subjected to surveillance . It further appears from these court decisions that the Foreign Ministry maintain that the applicant's attitudes affected his work in the Ministry and created some tension in the Division because of his suspicions against his colleagues . When on . . . July 1973, he made his accusations to the Chief of Police, Oslo, against the Minister of Justice and 10 other high-ranking officials, and made subsequent approaches to the mass media about the alleged surveillance, it was no longer feasible to keep him a s
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Head of the . . . Division of the Foreign Ministry as it would diminish the Ministry's prestige and credibility both internally and externally to leave a person that gave the impression of being mentally deranged as Head of that Division . The Ministry was of the opinion that this would have justified the applicant's dismissal, but out of consideration towards him, the Foreign Minister decided instead (on . . . January 1976) to relieve him of his duties as the Head of the Division and assign him to special functions with the same salary as he had as Head of the Division . The court found that this transfer had been in conformity with the law goveming the State Department . Bearing this in mind, and the general duty of Civil Servants, especially high-ranking officials, to observe a certain degree of discretion, the Commission cannot accept that the applicant's transfer from the office as Head of the . . . Division in the Foreign Ministry to special functions within the Ministry has, in these special circumstances, constituted a violation of the applicant's right to freedom of expression as guaranteed by Article 10 of the Convention, as the éxercise of this freedom carries with it duties and responsibilities which must be taken into account by the person concerned . This part of the application is therefore manifestly ill-founded within the meaning of Article 27 (2) of the Convention .
Résumé des faits pertinents Depuis 1963 le requérant est au service du Ministère norvégien des affaires étrangères, exception faite de quelques périodes, antérieures à 1970, où il fut employé dans le secteur privé. Il prétend avoir eu l'impression, dès 1969, de faire l'objet, de la pan des serrices secrets, d'une surveillance excédant largement les mesures habituelles de sécurité prises à l'égard d'un fonctionnaire travaillant dans ce secteur . En 1972, il fit un premier séjour de très courte durée dans une clinique psychiatrique . Il fut par la suite promu chef de division au sein du Ministère des affaires étrangères . En 1973 . il dénonca à la police le Ministre de la Justice et plusieurs autres personnalités de haut rang, les accusant de le persécuter. Sa plainte fut classée .
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Quelques semaines plus tard, il fut interné dans une clinique psychiatrique avec l'accord de sa famille . Toutefois, celle-ci ayant révoqué son accord, il fui libéré après quelques jours .
Au début de 1976, le requérant fut relevé de ses fonctions de chef de division tout en demeurant attaché au Ministère sans diminution de traitement . A la suite de cette décision . il introduisit contre l'Etat une action en dommages et intérêts mais en fut débouté . A plusieurs reprises avant et après la décision ci-dessus . il prit contact arec des représentants de la presse pour attirer l'attention sur son cas . Phtsieurs journaux publièrent alors des articles à son sujet entre 1976 et 1978 . Le requérant afjrme que les mesures prises à son égard par le Ministre des affaires étrangères furent la conséquence de la publicité qu'il souhaitait donner à son cas .
(TRADUCTION) EN DROIT (Extrait) Le requérant se plaint (tout d'abord) qu'après avoir critiqué publiquement le Gouvemement no rvégien qui le soumettait à une surveitlance, U a été relevé de ses fonctions de chef de la Division . . . au Ministère des Affaires étrangdres et n'a pas, depuis lors, reCu d'affectation correspondant à son grade de chef de Division . Il voit là une violation de l'article 10 de la Convention, qui lui garantit le droit à la liberté d'expression . La Commission remarque en pre mier lieu que rien ne prouve que le Gouvernement no rvégien ait directement empêché le requérant d'exprimer son opinion sur la question . Au contraire, le requérant a exercé son droit à la liberté d'expression en exposant son point de vue par les moyens d'information de masse qui ont été mentionnés . Le Gouvemement norvégien a cependant toujou rs nié que le re quéran t ait été soumis à une su rv eillance et maintient que les accusations sur ce point ne procèdent que de la seule imagination de l'int6ressé . Les décisions judiciaires pe rt inentes n'ont pas é tabli que le requérant ait été effectivement su rv eillé . Elles montrent en revanche que, selon le Ministère des Affaires é trangères, le comportement du requérant nuisait à son travail au ministère et créait une ce rtaine tension au sein de la Division, le requéran t
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soupçonnant ses collègues . Lorsque le . . juillet 1973, le requérant a accusé devant le chef de la police d'Oslo le Ministre de la Justice et dix autres fonctionnaires de haut rang et prit contact par la suite avec des organes de presse pour parler de sa prétendue surveillance, il n'était plus possible de le maintenir dans ses fonctions de chef de la Division . . . du Ministère des Affai res étrangères : en effet, le presti ge et la crédibilité du ministère, tant à l'inté ri eur qu'à l'exté ri eur pouvait souffrir si l'on maintenait dans la fonction de chef de cette Division une personne qui paraissait mentalement dérangée . Le ministère estimait que le licenciement de l'intéressé aurait pu se jus ti fier mais par égard pour lui, le Ministre décida ( le . . janvier 1976) de relever l'intéressé de ses foncti ons de chef de la Division et de l'affecter à des fonctions spéciales en lui conse rvant le même traitement . Les tribunaux ont constaté que cett e muta ti on é tait conforme à la législation régissant le ministè re des Affaires étrangères . Ceci étant et compte tenu de l'obliga tion générale faite aux fonctionnaires, notamment ceux de haut rang, d'obse rv er une ce rt aine rése rve, la Commission ne saurait admettre que la mutati on du requérant du poste de chef de la Division . . . du Ministère des Affaires étrangères à des fonctions spéciales au sein du même Ministère, dans les circonstances propres à l'espèce, consti tue une viola ti on du droit du requérant à la libe rté d'expression telle que le garantit l'a rt icle 10 de la Conventi on . L'exercice de cette libe rté comporte en effet des devoirs et des obligations dont l'intéressé doit tenir compte . La requête est donc sur ce point manifestement mal fondée au sens de l'article 27, paragraphe 2, de la Convention .
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Origine de la décision

Formation : Commission (plénière)
Date de la décision : 17/12/1981

Fonds documentaire ?: HUDOC

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